MORALE OU BRAHMANISME
il brûle les yeux et les cœurs, et personne sur la terre ne peut le regarder en face. Il est le feu, le vent, le soleil, le génie qui préside à la lune, le roi de la justice, le dieu des richesses, le dieu des eaux, et le souverain firmament par sa puissance. On ne doit pas mépriser un monarque, même dans Tenfant, en disant : c'est un simple mortel ; car c'est une grande divinité sous une forme humaine. Ibid., VII, 3, 8.
Eie chAtlment érîgé en divinité*
Pour aider le roi dans ses fonctions, le Seigneur produisit dès le principe le Génie du châtiment, protecteur de tous les êtres, exécuteur de la justice, son propre fils et dont l'essence est toute divine. G*est la crainte du châtiment qui permet à toutes les créatures mobiles et immobiles de jouir de ce qui leur est propre, et qui les empêche de s'écarter de leurs devoirs. Le châtiment est un roi plein d'énergie, c'est un administrateur habile, un sage dispensateur de la loi ; il est reconnu comme le garant de Taccom plissement du devoir des quatre ordres. Le châtiment gouverne le genre humain, le châtiment le- protège : le châtiment veille pendant qu'il dort; le châtiment est la justice, disent les sages. Infligé avec circonspection et à propos, il procure aux hommes le bonheur ; mais appliqué inconsidérément, il le détruit de fond en comble. Si le roi ne châtiait pas sans relâche ceux qui méritent d'être châtiés, les plus forts rôtiraient les plus faibles, comme des poissons sur une broche. La corneille viendrait becqueter l'offrande du pain, le chien lécherait le beurre clarifié, il n'existerait plus de droit de propriété, rhomme du rang le plus bas prendrait la place de Thomme de la classe la plus élevée. Toutes les classes se corrompraient, toutes les barrières seraient renversées, l'univers ne serait que confusion, si le châtiment ne faisait plus son devoir. Partout où le châtiment, à la couleur noire, à Toeil rouge, vient détruire les fautes, les hommes n'éprouvent aucune épouvante, si celui qui dirige le châtiment est doué d'un jugement sain. Ibid., VII, 14, 25.
La vie contemplative et mystique cl*apr^a
le Blia§favacl-€rita*
Les sens sont puissants, mais l'âme est plus puissante que sens, l'intelligence est plus puissante que l'âme, et au-dessus
de rintelligence s'élève l'Être. — Les œuvres sont bien inférieures à la dévotion de l'esprit. — Celui qui est dévot en esprit abandonne à la fois en ce monde les actions bonnes ou mauvaises. — Celui qui a la foi a la science, et celui qui a la science et la foi atteint, par cela seul, à la tranquillité suprême. — Celui qui a déposé le fardeau de l'action dans le sein de la dévotion et qui a tranché tous les doutes avec la science, celui-là n'est plus retenu par les liens des œuvres. — Comme le feu naturel réduit le bois en cendres, ainsi le feu de la vraie sagesse consume toute action. — Délivré de tout souci de l'action, le vrai dévot reste tranquillement assis dans la ville aux neuf portes [c'est-à-dire dans le corps], sans agir lui-même, et sans conseiller aux autres l'action. — Le dévot parvient en Dieu à Tanéantissement.
Bhagavad-Gita, trad. Schlegel, p. 142, 147.
Quel est celui que nien aime*
Mets ta confiance en moi seul ; sois humble d'esprit, et renonce au fruit des actions. La science est supérieure à la pratique, et la contemplation est supérieure à la science... Celui-là d'entre mes serviteurs est surtout chéri de moi, dont le cœur est Tami de toute la nature, que les hommes ne craignent point, et qui ne craint point les hommes. J'aime encore celui qui est sans espérance et qui a renoncé à toute entreprise humaine. Celui-là est également digne de mon amour qui ne se réjouit ni ne s'afflige de rien, qui ne désire aucune chose, qui est content de tout, qui, parce qu'il est mon serviteur, s'inquiète peu de la bonne et de la mauvaise fortune. Enfin celui-là est mon serviteur bien-aimé, qui est le même envers son ami et son ennemi, dans la gloire et dans l'opprobre, dans le chaud et dans le froid, dans la peine et dans le plaisir ; qui est insoucieux de tous les événements de la vie, pour qui la louange et le blâme sont indifférents, qui parle peu, qui se complaît dans tout ce qui arrive, qui n'a point de maison à lui, et qui me sert d'un amour inébranlable.
Bhagavad-Gita, trad. Schlegel, p. 148, 169.