‹ Extraits des grands philosophesChapitre 7 sur 331 · III. - ÇAKYA-MOtJNI, OU LE BOUDDHA · texte numérisé non relu

III. - ÇAKYA-MOtJNI, OU LE BOUDDHA

Le jeune prince Sieddhârtha, né vers le vii« siècle avant Jésus-Christ, ayant renoncé au monde à vin^-neuf ans, fut appelé Çakva-Mouni, c'està-dire le solitaire de la famille des Çakyas (branche de la caste militaire qui donnait les rois). Parvenu à la perfection de la science, il prit le titre de Bouddha, c*est-à-dire Savant.

« Six siècles environ avant Tère chrétienne, dit M. Nève, des accents poétiques d'un genre nouveau se faisaient entendre au milieu des contrées civilisées de Tlnde; ils partaient de la bouche d'hommes de toute classe et de toute profession, et c'est ayec surprise que les écoutait la foule, dont l'oreille n'était accoutumée qu^aux chants lyriques et liturgiques du Véda et aux récits héroïques de l'épopée naissante. — « Quelles sont ces belles poésies que vous chantez ? leur disait-elle, comme le fit un jour Pourna, le héros d'une légende fameuse. — « Ce ne sont point des poésies, ce sont les propres paroles du Bouddha I » — Ainsi lui répondaient des hommes graves et méditatifs, vêtus pauvrement, qui venaient de lire à tiaute voix « les hymnes, les prières qui conduisent à l'autre rive », ou des marchands qui récitaient des stances et des préceptes relatifs aux intérêts temporels. A ce nom de Bouddha, plusieurs demandaient aussi quel était ce personnage, et le plus souvent ils se rendaient auprès de lui, dans les lieux déjà célèbres où il enseignait (1). »

Vanité de la 'vte sensible d'après le Bonddiia.

Les hommes sont brûlés par les douleurs de la vieillesse et de la maladie ; ils sont dévorés par le feu de la mort et privés de guide. La vie d une créature est pareille à l'éclair des cieux. Comme le torrent qui descend de la montagne, elle coule avec une irrésistible vitesse. Par le fait de Texistence, du désir et de l'ignorance, Jes créatures, dans le séjour des hommes et des dieux^ sont dans la voie des trois maux. Les ignorants roulent en ce monde, de même que tourne la roue d'un potier. Les qualités du désir, toujours accompagnées de crainte et de misère, sont les laines des douleurs. Elles sont plus redoutables que le tranchant de Tépée ou la feuille de l'arbre vénéneux. Comme une image réfléchie, comme un écho, comme un éblouissement ou le vertige de la danse, comme un songe, comme un discours vain et futile, comme la magie et le mirage, elles sont remplies de faussetés ; elles sont vides comme Técume et la bulle d'eau. La maladie ravit aux êtres leur lustre et fait décliner les sens, le corps et les forces ; elle amène la fin des richesses et de§

!• le Bouddhisme, son fondateur et ses écritures, p. 5 et 6< •

biens. Elle amène le temps de la mort et de la transmigration. La créature la plus agréable et la plus aimée disparait pour toujours ; elle ne revient plus à nos yeux, pareille à la feuille et au fruit tombés de Tarbre dans le courant du fleuve. Tout composé est périssable ; c'est le vase d'argile que brise le moindre choc. Tout composé «st tour à tour effet et cause ; nul être n'existe qui ne vienne d'un autre, et de là la perpétuité apparente des substances. Mais le sage ne s'y laisse point tromper. En y réflécl^issant, il s'aperçoit que tout composé, toute agrégation n'est que le vide, qui seul est immuable. Les êtres que nos sens nous révèlent sont vides au dedans, vides au dehors.

Âh ! malheur à la jeunesse que la vieillesse doit détruire ! Ah ! malheur à la santé que menacent tant de maladies ! Ah ! malheur à la vie où l'homme reste si peu de jours I La jeunesse, la santé et la vie sont comme le jeu d'un rêve. C'est à moi d'apporter aux hommes et aux dieux la loi qui doit les délivrer de tant de maux. Après avoir atteint Tintelligence suprême, je rassemblerai les êtres vivants, et, les retirant de l'océan de la création, je les établirai dans la terre de la patience. Hors des pensées nées du trouble des sens, je les établirai dans le repos. Eu faisant voir la clarté de la Loi aux créatures obscurcies par les ténèbres d'une ignorance profonde, je leur donnerai l'œil qui voit clairement les choses ; je leur donnerai le beau rayon de la pure sagesse, l'œil de la Loi, sans tache et sans corruption. Le Bouddha, d'après E» Burnouf, Introduction à Vhistoire du bouddhisme, p. 478 et suiv.

li\|asUco des castes et égalité relli^ieuse des boumies

d*apr4^s le Douddha.

Celui-là est un sage qui ne voit pas la différence entre le corps d'un prince et celui d'un esclave.... L'essentiel en ce monde, c'est ce qui peut tout aussi bien se trouver dans un corps vil (la vertu), et que les sages doivent saluer et honorer.

Ma loi est une loi de grâce pour tous ; et qu'est-ce qu'une loi de grâce pour tous ? C'est la loi sous laquelle de misérables mendiants se font religieux (1). 7Wd., p. 808.

1 . Burnouf rapproche de ces paroles un mot admirable d'un religieux bouddhiste de notre siècle^ qui, disgracié par le roi de Ceylan pour* avoir prêché devant les pauvres, répondit : « La religion devrait être 1© bien commun de tous. »

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