‹ Extraits des grands philosophesChapitre 61 sur 331 · III. — De Taristocratie et de la démocratie · texte numérisé non relu

III. — De Taristocratie et de la démocratie

Doit-on remettre la souveraineté absolue sur toutes les afTaires aux citoyens distingués? Alors c'est avilir toutes les classes exclues dès fonctions publiques ; les fonctions publiques demeurent de véritables honneurs, et la perpétuité du pouvoir aux mains de quelques concitoyens déconsidère nécessairement tous les autres. Vaut-il mieux donner le pouvoir à un seul, à l'homme supérieurt Mais c'est exagérer le pouvoir oligarchique ; et une majorité plus grande encore sera bannie des magistratures. On pourrait ajouter que c'est une faute grave de substituer à la souveraineté de la loi la souveraineté d'un individu toujours sujet aux mille passions qui agitent toute âme humaine.

Attribuer la souveraineté à la multitude plutôt qu'aux hommes

1. Il ne faut entendre ici que la vertu politique^ Idijitstice^ qui est le respect des droits, et la condition sociale de toutes les autres vertus. L*Etat n'a pas pour but la vertu en général, ce qui entraînerait une intervention despotique dans la vie privée ou dans la vie relic^ieuse. L'Etat a pour but de protéger les droits et les intérêts généraux qu on loi confie.

2. Aristote tombe ici dans une exagération commune à tous les poli* tiques de Tantiquité, qui donnaient trop à l'Etat, pas assez à rindivido. Sans doute, la cité est l'association pour le bonheur et la vertu ; mais It gouvernement n'est point chargé de rendre les citoyens vertueux o» heureux sous tous les rapports. Il est essentiellement le protecteur des droits et accessoirement le mandataire des intérêts généraux. Le reste n'est point de sa compétence.

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