‹ Extraits des grands philosophesChapitre 62 sur 331 · ARI8T0T · texte numérisé non relu

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listihgués, gui sont toujours en minorité, semble une solution iquitable et vraie de la question, quoiqu'elle ne tranche pas mcore toutes les difficultés. On peut admettre, en efiet, que la najorité, dont chaque membre pris à part n'est pas un homme remarquable, est cependant au-dessus des hommes supérieurs, dnon individuellement, du moins en masse, comme un repas à Tais communs est plus splendide que le repas dont un seul fait la lépense. Dans cette multitude chaque individu a sa part de vertu le sagesse; et tous en se rassemblant forment, on peut dire, un seul homme ayant des mains, des pieds, des sens innombrables, on moral et une intelligence en proportion. Ainsi la foule porte des jugements exquis sur les œuvres de musique, de poésie ; celui-ci juge un point, celui-là un autre, et l'assemblée entière juge l'ensemble de Touvrage. Aristote. Ibid.

IV. — Réponse aux arguments de Platon contre la sonyerainelé populaire

et en fiiyeur de raristocratie.

Ceux-là seuls qui savent faire une chose, dira-t-on, ont a?«ez de hmières pour bien choisir. C'est au géomètre de choisir les géomètres, au pilote de choisir les pilotes ; car si, pour certains objets, dans certains arts, on peut travailler sans apprentissage, on ne fait certainement pas mieux que les hommes spéciaux. Ainsi, par la même raison, il ne faut laisser à la foule ni le droit d*élire les magistrats, ni le droit de leur faire rendre des comptes.

Mais peut-être cette objection n'est-elle pas fort juste par les motifs que j*ai déjà dits plus haut, à moins qu'on ne suppose une multitude tout à fait dégradée. Les individus isolés jugeront moins bien que les savants , j'en conviens : mais tous réunis , ou ils vaudront mieux, ou ils ne vaudront pas moins. Pour bien des choses, l'artiste n'est ni le seul ni le meilleur juge, dans tous les cas où l'on peut bien connaître son œuvre, sans posséder son art. Une maison, par exemple, peut être appréciée par celui qui Ta bâtie ; mais elle le sera bien mieux encore par celui qui l'habite; el celui-là, c'est le chef de famille. Ainsi encore le timonier du

vaisseau se connaîtra mieux en gouvernail que le charpentier;

etc^est le convive et non pas le cuisinier qui juge le festin.

Aristote. Politique^ 1. III, c. vi.

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