V. — L'égalité politique
Toutes les sciences, tous les arts, ont un bien pour but ; et premier des biens doit être l'objet suprême de la plus hante toutes les sciences ; or cette science, c'est la politique. Le bien politique, c'est la justice ; en d'autres termes, l'utilité généra! On pense communément que la justice est une sorte d'égalité reste à fixer à quoi s'applique l'égalité et à quoi s'applique l'inéj lité, questions difficiles qui constituent la philosophie politique
On soutiendra peut-être que le pouvoir politique doit répartir inégalement et en raison de la prééminence en un m rite quelconque ; tous les autres points restant d'ailleurs parfail ment pareils, et les citoyens étant d'ailleurs parfaitement set blables; et que les droits et la considération doivent être difléret quand les individus diffèrent. Mais si ce principe est vrai, mén la fraîcheur du teint, ou la grandeur de la taille, ou tel aul avantage, quel qu'il soit, pourra donc donner droit à une sup riorité du pouvoir politique? L'erreur n'est-elle pas ici man fesfe?...
Il n'y a de complète justice dans aucune -des prérogatives { nom desquelles chacun réclame le pouvoir pour soi et l'asservi sèment pour les autres... La justice ici, c'est l'égalité; et cet égalité de la justice se rapporte autant à l'intérêt général de l'Ét qu'à l'intérêt individuel des citoyens. Or le citoyen en général e l'individu qui a part à l'autorité et à l'obéissance publique (1), condition du citoyen étant d'ailleurs variable suivant la coostit tion ; et dans la république parfaite, c'est l'individu qui peut qui veut librement obéir et gouverner tour à tour, suivant 1 préceptes de la vertu. Aristotb. Politique^ 1. III, c. vu.