V. — La pensée ftoprême a un objet simple q«i ne diffère pas
da sujet pensant.
Reste encore une difficulté : c'est de savoir si l'objet de la pensée est composé, et dans ce cas l'intelligence changerait, car elle parcourrait les parties de l'ensemble ; ou bien si tout ce qui est exempt de matière est indivisible. Il en est éternellement de la pensée, comme il en est, à quelques instants fugitifs, de l'intelligence humaine, de toute intelligence dont les objets sont des choses composées. Car ce n'est pas toujours successivement que l'intelligence humaine saisit le bien, c'est dans un instant indivisible qu'elle saisit sou bien suprême. Mais alors son objet n'est pas elle-même ; tandis que la pensée éternelle, qui saisit aussi son objet dans un instant indivisible, se pense elle-même durant toute réternité. Aristotb. Ibid.
VL — La Fro¥idence dans l'univers suppose un principe ra
à l'univers.
il nous faut examiner comment l'univers renferme le souverain bien ; si c'est comme un être indépendant, qui existe
1, Les chiM^tn ttuiétn, lanUm et mauvaises. '- ^e ami,
^.ofw il v^K iK^^fMç v^«4rc(, formule justement célèbre.
ARTSTOTB.
en soi et par soi (1), ou bien comme l'ordre dn monde (2) ; ou enfin si c'est des deux manières à la fois, ainsi que dans une armée. En effet, le bien de Tarmée, c'est à la fois l'ordre qui y règne et son général, surtout son général : ce n'est pas Tordre qui fait le général, c'est le général qui est la cause de Tordre.
Tout a une place marquée dans le monde, poissons, oiseaux,
plantes ; mais il y a des degrés différents, et les êtres ne sont pas
isolés les uns des autres ; ils sont dans une relation mutuelle,
car tout est ordonné en vue d'une existence unique. Il en est de
Tanivers comme d'une famille. Là les hommes libres ne sont
point assujettis à faire ceci ou cela suivant l'occasion ; toutes
leurs fonctions, ou presque toutes, sont réglées. Les esclaves, au
contraire, et les bêtes de somme^ concourent pour une faible
part à la fin commune, et habituellement Ton se sert d'eux
au gré des circonstances. Le principe du rôle de chaque chose
dans l'univers, c'est sa nature même : tous les êtres, veux-je
dire, vont nécessairement se séparant les uns des autres, et
tous, dans leurs fonctions diverses, conspirent à l'harmonie de
l'ensemble.