‹ Extraits des grands philosophesChapitre 78 sur 331 · VI. — L'égalité entre les hommeB · texte numérisé non relu

VI. — L'égalité entre les hommeB

Songez un peu que cet homme que vous appelez votre escla^ est né de la même semence que vous, qu'il jouit du même ci6 respire le môme air, et, comme vous, vit et meurt. Il peut voi voir esclave, comme vous pouvez le voir libre. A. la défaite ( Varus, que de Romains d'une illusti:e naissance, à qui leurs e: ploits allaient ouvrir le sénat, se sont vus rabaissés par la fortum De l'un elle a fait un berger, de l'antre 4an gardien de chaumièr Méprisez donc un homme pour sa condition, qui, toute vile qu'ai vous parait, peut devenir la vôtre 1 Je ne veux point entreprend une tâche immense, discuter l'emploi que Ton doit faire de c esclaves, victimes de notre orgueil, de notre cruauté, de ru mépris ; je réduis mes préceptes à un seul : « Traitez votre infi rieur comme vous voudriez être traité par votre supérieur. • 1 pensez jamais à votre pouvoir sur votre esclave, sans songer ( même temps à celui qu'un maître aurait sur vous.

{Lettre XLVII.)

VIT. — Les esclaves.

J'ai appris avec plaisir de ceux qui viennent d'auprès de vou que vous vivez en famille avec vos esclaves 1 je recoonai là votre prudence et vos principes. Ce sont des esclaves; dites plu tôt des hommes. Des esclaves I dites des hommes logeant sousl même toit. Des esclaves! dites plutôt des amis dans rabaissemea Des esclaves ! eh I oui, des compagnons d'esclavage, si nous coï sidérons que la fortune a un égal pouvoir sur eux et sur nom .•.. Aussi je ris, quand je vois des hommes tenir à déshonnec de souper avec leur esclave; et pourquoi? parce qu'un usage il soient entoure le maître, à son souper, d'une foule d'esclaves cIé bout autour de lui. Il prend, ce maître, plus de nourriture qu' n'en peut contenir ; il surcharge avec une effrayante avidité so estomac déjà plein et déshabitué de ses fonctions ; il avale a?( peine, pour rejeter avec plus de peine encore ; cependant u malheureux esclaves ne peuvent ouvrir la bouche, pas même pou lui parler. Le fouet est là pour étouffer tout murmure ; le hasar lui-même n'est pas pour eux une excuse ; une toux, un éternD ment, un hoquet, le plus léger bruit, sont autant de crimes sa ^s du châtiment. Toute la nuit ils restent debout, à jeun, en si

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