PROLOGUE
Le théâtre représente un gastronome, vu intérieurement.
UN VERRE DE MaDèRe. — Hola! quelqu'un! la maison ! N°y a-t-il personne ? 0
L’ESTOMAC. — Qu'est-ce que c’est? Pourquoi me réveiller en sursaut? il n’est encore que deux heures de l'après-midi ; Laissez-moi tranquille un moment. ({{bâille). Aouâäh!
LEMADÈRE. — Debout! paresseux ! Je suis envoyé comme ambassadeur, pour te prévenir qu'il y aura
branlebas ce soir. — Un diner épique ! Il faudra te montrer.
L’Es10MAC. — Encore! Je n'aurai donc jamais un jour de repos ! Quel maître exigeant! — West que je ne suis pas tout à fait remis...:
LE MADÈRE. — Bah! bah! tu en verras bien d’autres. D'ailleurs, on va t’envoyer quelques apéritifs, pour te préparer. Oh! l’on ne veut pas te prendre en traitre (On entend du bruit à la cantonade du larynx.) Tiens ! justement, voilà que ça commence.
L'ESTOMAC. — Déjà !
UN BITTER À LA HAVRAISE. — Bâbord et tribord! Cric, crac ! Sabot et cuiller à pot!
L'EsrTouac. — Pouah ! Quelle est cette nouvelle invention? Ça pue l’acajou.
LE BITTER. —- Serais-je par hasard dans l'estomac d’un bourgeois ? Mille sabords ! si je le croyais !.….
L’ESTOMAC. — As-tu fini, marin d’estaminet!.
UN VERRE DE VERMOUTH, — Tu me reconnaitras mieux sans doute, moi, car ma réputation est basée sur des mérites réels.
L'ESTOMAC, avec amertume. — Encore un joli farceur ! L L'ABSINTHE. — Voyons, tout est-il en ordre ici ?
L'heure avance. A-t-on apprêté les appartements ? A-t-on lavé, ciré, frotté, épousseté? Comment! le ménage n’est pas encoré fait! À quoi pensez-vous donc? Hâtez-vous, vous dis-je. Un coup de balai par ici, un Coup He plumeau par là. Que tout soit net et resplendissant !
L’EsTomAC, à part. — Diable! il paraît que cela sera grave.