‹ GastronomieChapitre 19 sur 132 · DEUXIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

DEUXIÈME TABLEAU

Même décor. — Sept heures et demie.

LE ROTI DE CAILLE — Payetes dettes! paye tes dettes !

L'ESTOMAC. — Veux-tu te taire, oiseau-remords !

Tu vas attrister cette agape.

LE CHAMBERTIN. — Attends, je vais le noyer.

LE RÔTI DE CAILLE. — Paye... tes... dettes! Paye... (Sa voix s'éteint.) | L’ESTOMAC. — On ne devrait jamais admettre des

personnes aussi indiscrètes dans un repas bien ordonnancé.

LE SORBET MOUSSEUX. — Tu as raison.

L’ESTOMAC. — Aie ! que ne préviens-tu ?

LE MaCARONI. — Ne faites pas attention; ze souis le

macarom; ze file, ze coule, ze m'introdouis ; presto, Figaro, presto ! |

L’ESTOMAC. — Presto, presto ; ce n’est pas une raison pour m'étouffer. — Voyons, mes chers amis, je ne demande pas mieux que de vous faire bon accueil à tous. C’est convenu. Mais soyez raisonnables aussi. ILest visible qu’il ne me reste plus de place, plus du tout.

LES PETITS POIs. — Ün se serrera.

LÉ MACARONI. — Ze me contenterai d’oune strapontin. |

LE CHAMPAGNE, faisant son entrée en chantant. — Plus on est de fous, plus on est de fous, plus on est de fous… ;

L’EsToMac, — Toujours plaisant! Passe pour toi; tu me rajeunis: Et puis tu es le Ruggieri obligé de toute féerie intime. | |

LE CHAMPAGNE. — Que dirais-tu donc si tu pouvais entendre les drôles de choses qu’on débite là-haut ? Ils sont là huit ou neuf gaillards — dont un avoué — qui parlent tous à la fois.

L'Esrovac. — Tu aurais bien dû me rapporter un calembour.

LE CHAMPAGNE, — La mode en est finie ; mais Je puis te dire le premier couplet de la chanson qu'ils chantaient en chœur.

L’estomac, — Musique de qui ?

LA BOMBE GLAcÉe. — Musique de M. Mangeant, parbleu! |

LE CHAMPAGNE. — Ah! le jeu de mots y est.

L'ESTOMAG. — Va pour le premier couplet!

LE CHAMPAGNE. — Hum! je commence.

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