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Et jetaient cent lueurs aux tuiles des vieux toits. Tout dans le fond du parce et parmi la grande herbe, Ils allaient # pas lents, l’un sur l’autre appuyés, Elle, les yeux baissés, lui, le regard superbe,
À travers la bruyère et les bleuets ployés.
Ses blonds cheveux étaient nouës à la Diane,
Un lien de velours rouge en dessinait le tour,
Et leurs anneaux tombant sur sa chair diaphane Omhrageaient son épaule au limpide contour.
Un ruban, qui flottait, serrait sa taille fine ;
Elle avait mis à nu ses petits bras soyeux ; Et, le long du chemin étroit et sinueux,
Passait et repassait la blanche mousseline,
Entre les arbrisseaux, entre les troncs noueux, Comme une jeune fée à l'œil qui IR devine.
. Ces deux amants marchaient et se parlaient si bas, Que les lézards peureux ne s’en détournaient pas. Coquelicots et lys saluaient leur passage ; Branches de s’agiter; et, du haut du feuillage
Où d’invisibles nids dérobent leur séjour,
Il leur tombait des chants de bonheur et d'amour!
Mais les parents suivaient. Leur entretien, sans doute, : À ce que je suppose, était moins attachant,
Car ils parlaient très-fort, et d’instant en instant Coupaient par les sentiers pour abréger la route.
On devinait soudain, à les apercevoir,
La mère de Lucien et l’oncle de Nicette :
L’une au maintien pieux, toujours vêtue en noir,
Veuve encore attrayante et de mine diserête ;
L'autre, obèse et rougeaud, campagnard enrichi,
Façon de Carabas engraissé par l'ennui. |
Ces gens-là possédaient une ancienne futaie,
Séparée autrefois par une vive haie
Où s’épanouissait Avril à son retour,
Et par où les enfants s’entrevirent un jour.
Ils étaient b'en petits, la haie était bien close ;
.« Les paroles passaient, mais c'était peu de chose. » Mais au printemps prochain, quand les rayons premiers Revinrent entr'ouvrir les fleurs fraiches écloses,
O bonheur ! leurs deux fronts gagnèrent les rosiers
Et leur premier baiser s’échangea dans les roses.
Lucien partit un jour, sa mère l'ordonna.
Il partit à Paris terminer ses études.
Que de pleurs, de serments, de gages on donna De part et d’autre ! Adieu nos chères solitudes ! Adieu notre Médoc, notre bonheur ancien !
Nos chiffres enlacés sur l'écorce des chênes! Adieu, jusques au jour des vendanges prochaines !