‹ GastronomieChapitre 82 sur 132 · AE · texte numérisé non relu

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plante en contemplation à la devanture d’un marchand d’estampes. Le vol-au-vent fume toujours : les pelits-fours fument toujours ! |

Ce n'est qu'au bout d’un quart d'heure que le petit garçon pâlissier se décide à continuer sa route, lentement, le nez aux aguets. — Un cheval de voiture s’abat sur le macadam ; les sergents de ville accourent pour dresser procès-verbal; la foule s’amasse. Le petit garçon pâtissier est au premier rang, avec sa corbeille sur sa toque blanche.

IL va ainsi, s’arrêtant à propos de tout : pour une affiche qu’on pose, pour une partie de billes entre, gamins, pour un homme qu'on transporte chez un pharmacien, pour un régiment qui rentre à la caserne. |

Heurté par tout le monde, c'est miracle si son fardeau conserve l'équilibre. — Le vol-au-vent ne fume plus, les petits-fours ne fument plus.

Cependant la famille Dubroca est dans Panxiété. Elle à envoyé trois fois chez le pâtissier. On se penche toutes les cinq minutes sur la rampe de l'escalier ; rien n'arrive. La famille Dubroca mauorée Justement. |

Sept heures et demie sonnent. Aux premiers jets de becs de gaz, le pelit garçon pâtissier s'aperçoit qu'il n'est plus dans son chemin. Il s’informe: il veut regagner le temps perdu; le voilà qui court. — Oh ! l’imprudent !

Comme 1l passe par une rue déserte, un chien aboie après lui et saute sur sa veste, qu'il tire à

belles dents. Le petit garcon pâtissier veut se débattre. Dans ce débat, la corbeille se renverse et roule à terre avec son contenu.

Les passants rientg le petit garçon pâtissier pleure. Il ne rentrera pas, ce soir, chez son patron ; il sait qu'il serait battu et renvoyé. Sa mère a la main moins lourde, il rentrera chez sa mère, c’est un bon fils.

Le petit garcon pâtissier est habillé de blanc du haut en bas : il a un pantalon blanc, une veste blanche et une belle toque blanche.

Ilest joli comme un amour, même au milieu de ses larmes, et sa corbeille vide à la main.

Mais le petit garçon pâtissier est trop jeune pour les fonctions importantes dont on l’investit si maladroitement à Paris.

Pour porter en ville un vol-au-vent et des pelitsfours, ce n’est pas trop de toute la prudence et de toute la célérité d’un homme fait.

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