QUATRIÈME TABLEAU
Même décor. — Minuit. — Apparition de quelques flammes.
l'estomac. — Au feu ! au feu I à Taide !
UN VERRE DE PUNCH. — Tais-toi doiic : tu ne vois pas que c'est une plaisanterie.
l'estomac. — Une plaisanterie, de l'alcool enflammé !
LE PUNCH. — Eh oui ! un pari... Ne dirait-on point que tu n'as jamais assisté à pareille fête?
L ESTOMAC, se tordatit. — Éteignez ! éteignez !
LE PUNCH. — Sens-tu l'odeur de cette poignée de noisettes qu'ils ont jetées dans mes flots !
l'estomac. — Bourreau I
LE PUNCH, riant. — Ah ! ah! ils ont soufflé toutes les bougies ; ils ressemblent à des romantiques attardés dans un cadre de Louis Boulanger. — Ah ! ah !
l'estomac. — Je me ressentirai longtemps de cette secousse. Par l'ombre du sage magistrat Brillât-Savarin ! je me croyais à l'abri de ces folies d'adolescent. — Respirons.
UN VERRE DE BISCHOF. — GIOU, glou, gloU.
l'estomac. — Qu'esl-ce que cela encore?
LE BISCHOF. — Ne t'occupe de rien, je viens t'assurer contre l'incendie.
l'estomac. — Dis-tu vrai? Entre alors, etsoislebien reçu. Oui, tu apportes avec toi la fraîcheur et le bienêtre. (Avec éclat,) Mais tu es le vin blanc !
LE BiscHOF, no7ichalamment. — Oh! avec un mélange d'ananas et de sucre. . . tout ce qu'il y a de plus inoffensif.
l'estomac. — Voilà leur éternel refrain! (Abattu.) Faites de moi ce que vous voudrez à présent. Torturez votre victime. Je suis résigné.
CHŒUR DES canettes, doTis Ic lointain, — Esl-il devenu plus raisonnable?
le BISCHOF. — Je crois que oui.
UNE CHOPE d'alèse hasardant. — Allons-v, dans ce cas.
l'estomac, révolté. — De la bière, jamais !
LA CHOPE. — Cependant...
l'estomac, au comble de V exaspération. — Jamais ! entendez-vous ! Tout, mais pas de la bière !
LA chope. — Mon petit, c'est de l'excellente aie : Barclay-Perkins tout pur...
l'estomac, beau comme Vantique, — Sortez !