MESURE DES BASES
Pour transporter le fil on l'enroule régulièrement sur des tambours d'un diamètre suffisant (50 cm.) en respectant sa courbure naturelle.
3". — Pour mesurer une base, on aligne approximativement des trépieds. Ils portent un support permettant de régler verticalement et de déplacer hori/onlalcment un court cylindre F dont la section droite supérieure porte une croisée de traits de repère. Pour obtenir
Fig 137.
l'alignement exact des cylindres successifs, on installe une lunette sur le cylindre du dernier trépied placé; on constitue ainsi une sorte de théodolite dont le cylindre est l'axe vertical. Par retournement de la lunette sur ses colliers et par comparaison avec les mires lointaines qui fixent les termes de la base, la lunette permet d'aligner le cylindre du trépied suivant.
On installe alors le fil mesureur de manière que les réglettes terminales (qui sont c[uasi horizontales) se trouvent en regard des traits de repère de deux cylindres consécutifs. Au moyen d'une loupe on lit sur les réglettes la distance exacte s des traits, distance mesurée le long du fil et voisine de 24 mètres.
Pour déterminer la pente a de la corde AB, un niveau à lunette est installé sur le cylindre V d'un des trépieds; une mire est placée sur le cylindre du trépied suivant. Quand la bulle du niveau est entre ses repères, on déduit immédiatement la pente en millièmes de la lecture du trait de la mire dont l'image se fait sur le réticule de la lunette.
L'erreur sur 24 mètres ne doit pas excéder 0,3 mm. Pour être sûr qu'un frottement accidentel ne fausse pas les mesures, on recommence plusieurs fois les lectures sur les réglettes, après avoir déplacé de quelques millimètres dans le sens de la longueur le système du fil, des réglettes, des cordes et des poids (fig. 137) : les résultats doivent coïncider à 0,3 mm. près.
Sur 24 mètres, une erreur absolue de 0,3 mm. correspond à une erreur relative de 1 : 80000.
230 GÉOGUM'IIIE MATHEMATIQUE
Les longueurs des fils dans les conditions d'emploi sont déterminées au moyen de repères scellés dans un mur et dont on mesure préalablement les distances avec des règles ])orlées par un banc horizontal.
On remarquera que la tension T„ qui entre dans les Ibrmides, est la tension au point le plus bas de la chaînette; elle est un peu plus petite que la tension qu'on exerce. Comme l'allongement du lil dépend de la tension en chaque point, il en résulte que la pente a, par suite que la dénivellation h doivent rester toujours petites. A cette condition seulement, la tension peut être considérée comme uniforme, et la longueur .v comme indépendante de h, pour des poids tenseurs déterminés.
La méthode originale de Jaderin était compliquée par la nécessité de mesurer chaque intervalle avec deux fils (en laiton et en acier), de manière h permettre la correction de température.
L'utilisation d'un fil d'invar abrège les opérations.
La méthode de Jaderin est précieuse en terrain varié; la ligne de base peut franchir une rivière, une crevasse. Sous ce rapport, elle est excellente pour la topographie d'exploration.
Elle est rapide (plusieurs kilomètres par jour). Elle permet donc de multiplier les bases et de vérifier les triangulations sans grande dépense de temps et d'argent.
CIlAIMTRi: III