CHAPITRE IV, GRANDES TRIANGULATIONS HISTORIQUES
Les triangulations de premier ortire se sont multipliées au cours du xix' siècle : ce sont maintenant des opérations vulgaires, travail courant et administratif des Instituts géographiques : on est géodésien comme receveur de l'enregistrement ou vérificateur des poids et mesures. Certes je reconnais le mérite des officiers géodésicns : ce sont d'excellents travailleurs, d'une conscience parfaite, d'une habileté consommée, d'un courage à toute épreuve comme alpinistes, dans un métier de m£(nœuvre supérieur.
Toutefois ils s'abusent sur l'importance théorique de la plupart des triangulations modernes. Elles ne font pas disparaître le souvenir des grandes triangulations du xviii" siècle, les seules éducatives, qui ont fixé les méthodes et vis-à-vis desquelles les phis exactes parmi les modernes ne sont qu'une insipide répétition.
C'est bêtise pure d'être fier d'une précision qu'on doit au perfectionnement de l'industrie, et non pas à l'intelligence personnelle.
Le lecteur me saura gré de dire quelques mots de ces histoires, ne serait-ce que pour le renseigner sur des noms célèbres.
Aussi bien ma narration le changera de ce qu'il trouve partout : je me suis donné la peine de lire les mémoires dont je parle : peine légère qui m'a causé un plaisir infini.