Jonction de l'Espagne et de l'Algérie
i°. — Parmi les triangulations modernes, une des plus intéressante est la jonction de l'Espagne et de l'Algérie (1879). On choisit deux sommets en Espagne :
Mulhacen 3 550"', Tetica 2 081"",
et deux sommets en Algérie :
Filhaoussen 1 137"\ M'Sabiha 584™.
Les distances (telles qu'elles sont déterminées par les mesures) sont :
M'Sabiha-Filhaoussen. . . 105\179
— Tetica 22.^^713
— Mulhacen 269S848
Filhaoussen-Tetica 257'',413
— INIulhacen . . 2G9\928
Mulhacen-Tetica 82\828.
Pour efifectuer les mesures on se servit de projecteurs Mangin (voir mon Cours Description,...) de 50 cm. d'ouverture et de 60 cm. de distance focale, au foyer desquels on disposait un arc électrique; on opérait la nuit. Malgré la grande distance, les signaux lumineux sont vus par temps clair comme des étoiles de 1" grandeur.
8 GEOGRAI'IIIE MATHEMATIQUE
Voici les excès Sj)liéric|ues elles erreurs de lennelure des triangles.
Filhaoussen-Telica-Mulhacen . . .
M'Sabilia-^[uIhacen-Filhaoussen .
M'Sal)ilia- relica-^Iiilliacen
Filhaoussen-M'Sabiha-Telica. . .
Excès :iV', 17 Erreur +0",26
G()",08 +ir,95.
Une fois les Irianglcs déterminés, on mesura la différence
des longitudes de M'Sabiha et de Telica.
On munit chacun de ces points d'une pen- •dule, d'un cercle méridien et d'un clu'onographe à bandes de papier identiques. On détermina l'heure locale à la manière habituelle. La partie intéressante de l'opération était la comparaison des heures locales.
On se servait de collimateurs comme d'îijjpareils lumineux. Ils étaient formés d'une lentllfe de 20 cm. de diamètre, au foj'er de laquelle était concentrée la lumière d'un arc électrique. Un écran, mù par un électro, est placé au foyer et sert d'obturateur. A l'instant où se produit l'éclipsé de lumière, une coche est enregistrée sur le chronographe à. bande du même poste.
A un instant convenu, M'Sabiha envoie, par exemple, quarante signaux équidistants qui sont enregistrés automatiquement par son chronographe, et à l'œil et à l'oreille par l'observateur de Tetica. C'est au tour de Tetica d'envoyer 40 signaux. Et ainsi de suite. Un échange complet était de CiO signaux répartis en 16 séries.
On obtient des résultats d'une précision comparable à celle <(ue donne le télégraphe.
Si les équations personnelles des observateurs étaient les mêmes, elles s'élimineraient: comme il n'en est pas ainsi, on doit les déterminer et en tenir compte. L'expérience montre qu'il vaut mieux noter une éclipse que l'apparition d'un signal lumineux.