Nivellement général de la France
i". — Je i)i-eiicls connue excmiile le nivellement général tle la France dit de /taule précision; il J'aut entendre par là de la plus haute précision compatible avec l'énormité du travail.
On s'est proposé d'exécuter un réseau fondamental ou de V ordre ayant un développement de 12.'iOO kilomètres; il suit les voies ferrées, où la faiblesse des pentes permet des résultats très précis.
11 divise la France en 42 polygones; 10 d'entre eux s'appuient sur la frontière ou le littoral; 32 sont fermés et mesurent en moyenne 600 kilomètres de contour : naturellement ces polygones ont des côtés communs.
Chaque maille de ce réseau est divisée en cinq ou six mailles le long de chemins de fer ou, à leur défaut, de routes. Enfin des mailles plus petites suivant des routes forment les réseaux de 3", 4° et 5° ordre. Le réseau total aura SOO.OOO kilomètres de lignes nivelées. On estime le coût du travail total à 20 millions. 2°. — Repères.
Les repères sont provisoires ou définitifs.
Les repères provisoires sont des piquets (fig. 208, a) solidement enfoncés dans le sol et surmontés d'un clou formant téton : ils sont distants de 150 mètres environ. On les enlève une fois le nivellement eflctué. On utilise aussi des disques de fer b fixés dans le sol
par trois griffes et surmontés d'un téton.
Les repères définitifs sont en fonte à console {d) ou cylindriques (a). Ils sont scellés dans des murs ou des y rochers, avant d'en faire le nivellement. Ils portent un téton sur lequel pose la mire pendant le nivellement; le téton doit avoir une avancée suffisante pour que le talon de la mire tourne commodément dessus. Une plaquette en porcelaine (fixée après coup) indique le matricule du repère et l'altitude en mètres et millimètres. Près de 100.000 repères sont ainsi fixés sur les gares de chemin de fer, les édifices qui bordent les routes, les ponts,... Après la guerre il y en aura 10.000 à replacer. 3". — Mires (a compensation).
Ce sont des règles en bois de 3 à 4 mètres, portant des traits noirs sur fond blanc, traits dont l'équidistance est d'un centimètre, d'un 1/2 centimètre ou de 2 millimètres suivant que la portée moyenne est de 170, de 85 ou de 35 mètres. Dans une cavité ménagée dans l'axe de la règle se trouve une double règle fer-laiton donnant la longueur vraie de l'équidistance pour les conditions de l'expérience (température et humidité de l'air .
Fig. 208.
srnFACEs DE yn/:.iu. i\nELi.EME,yT se:
La règle de 1er |iorle deux Irails de repère (|ui se défilaccnt devant 2 gratliiations fixées l'une sur la règle de laiton, l'autre sur la règle de bois. I-es graduations sont telles que la sonnnc des deux lectures donne in^iiu-dialenient la didërenoe entre le mètre légal et la longueur (le lUU des intervalles de la règle de i)ois (voir S l-'O;.
L'expérience montre rpic la mire subit chaque jour une variation périodique dont l'amplitude est de plusieurs centièmes de millimètre par mètre.
La mire est terminée à sa partie inférieure par un talon de fer, ajusté d'équcrre, qu'on pose sur le téton des repères provisoires ou définitifs.
La verticalité est vérifiée à l'aide d'un niveau sphérique à bulle; elle est maintenue au moyen de deux pieds formant arc-boutant.
Plusieurs méthodes augmentent la précision de la visée sur la mire; elles ont ceci de commun qu'on amène le fil réticulaire à bissecter un trait de la mire.
Pour cela on peut incliner très légèrement la lunette; on mesure l'inclinaison de l'axe optique par le déplacement de la bulle sur le tube gradué du niveau. Connaissant la distance approximative de la mire, on Aut aisément la correction.
Une seconde méthode consiste à soulever ou abaisser en bloc la lunette, réglée et maintenue horizontalement, d'une (juantité qui n'a pas besoin d'excéder 10 mm.
Enfin on peut agir sur la mire; l'inconvénient de cette méthode est de diviser l'opération entre ro[)érateur et son porte-mire qui sont actuellement distants de près de 100 mètres..
Grâce à ces procédés, on réduit l'erreur de pointé à 0,2,5 mm. sur 100 mètres de nivelée. Les mires peuvent différer entre elles d'une constante sans qu'il en résulte aucun inconvénient; on détermine leurs équations personnelles en les plaçant successivement sur le même repère définitif et en comparant leurs indications vues dans la lunette immobile.