Mouvements du sol
Alphonse Allais soutenait que certaines églises avaient été prises vers la fin du siècle dernier d'une inquiétante manie ambulatoire. Le raisonnement sur lequel il s'appuyait, est en un sens indiscutable : les géodésiens ne peuvent se tromper; certaines églises ne sont pas sur le sol à la place où les cartes les indiquent; donc les églises se sont baladées. Malgré la déférence que m'inspirent les géodésiens, je crains cependant qu'Allais n'ait exagéré leur infaillibilité :
.370 GEOGRâPIII E MATHEMATIQUE
la preuve qu'ils se trompent parfois, est que personne n'ose soutenir que les diflerences constatées entre le nivelle/iienl Bounlalouc ou le nivellement général tiennent (uniquement au moins) à des soulèvements ou affaissements du sol de la France.
Toutefois il n'est pas douteux que les mouvements du sol existent : on a constaté en certains points de la côte de Suède des variations annuelles de plus de 15 mm. Bien entendu les déplacements sont toujours mesurés par rapport à certains points considérés comme lixes : d'où nouveau sujet de discussion.
On tend à prendre comme invariable le niveau moyen des mers déterminé par les marégraplies.
Il paraît certain que, sauf le cas des effondrements locaux dus à des tremblements de terre, les mouvements sont d'amplitude assez petite et s'étendent sur des territoires assez vastes, pour (|u'il soit extrêmement difficile de les mettre en évidence, à la précision des nivellements actuels. Bien entendu ce que nous disons ne préjuge rien sur le déplacement de certains repères; ainsi l'on a constaté qu'en neuf ans le bâtiment principal de la gare d'Avignon, qui portait un repère fixe, s'est affaissé d'un centimètre.