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Existence d'un niveau moyen

1°. — Voici la principale raison a priori alléguée en faveur de la constance du niveau moyen d'une mer. Il est plus stable que le niveau d'un point de la croule terrestre, dit-on, parce que toute perturbation locale du fond de la mer détermine dans la masse liquide des déplacements horizontaux qui répartissent la variation de volume sur l'ensemble de la surface.

On oublie seulement que le niveau de la mer en un point, de la Méditerranée pour fixer les idées, dépend du vent et de l'ensemble des pressions atmosphériques sur la surface de cette mer. De fait le niveau moyen annuel de la ilédilerranée à ilarseille présente, autour de sa moj'enne générale, des variations de 3 à 4 cm., en rapport avec la pression barométrique moyenne et aussi avec la hauteur annuelle de pluie tombée.

2". • — Avec cette restriction (jiie la moyenne portera sur une dizaine d'années, admettons l'existence d'un niveau moyen en chaque point de chaque mer. La question se pose de savoir si tous ces niveaux sont identiques. On ne peut y répondre évidemment qu'à la précision des expériences : pour remarquable qu'elle soit à certains égards, elle ne permet pas d'affirmer que les niveaux entre l'Adriatique à Trieste et la mer du Nord à Amsterdam, par exemple, coïncident à 50 cm. près.

Sur les différences de niveau entre la Méditerranée et l'Océan, on a fait un raisonnement superbe, qui légitimait une dénivellation de près d'un mètre : on expliquait ainsi les résultats de Bourdalouë. La Méditerranée, disait-on, est en moyenne plus salée que l'Océan; la densité de son eau est plus grande. Or elle communique avec rOcéau par le détroit de Gibraltar, qui est profond de 400 mètres environ. En vertu du principe des vases communicants, le niveau de la Méditerranée est donc au-dessous de celui de l'Océan d'une quantité qui est précisément celle que trouvait Bourdalouë.

Maintenant que les résultats de Bourdalouë sont considérés comme faux, le raisonnement subsiste et devient embarrassant.

On en est quitte pour dire que les différences de salure sont superficielles...

Même difficulté pour la Baltique (qui est d'eau quasi douce; densité 1,005; et pour la mer du Nord (densité normale 1,027). Etant donnée la profondeur du Grand Belt, le niveau de la iialtique devrait être à 40 cm. au-dessus du niveau de la mer du Nord : or il est le même. On se tire d'affaire comme plus haut.

Les nivellements les plus précis conduisent à réhajjiliter l'hypothèse de l'uniformité du niveau des mers : leurs surfaces moyennes feraient partie d'une même surface de niveau.

SUliFACES DE NIVEAU. SIVELLEMENT 375

11 ost nalmol que les différents Etats prennent pour /('tos tic leurs nivellements respectifs le niveau moyen de la mer qui les baij^ne; dans une centaine d'années, il sera temps de parler d'un zéro unifiue et d'une compensation d'ensemble des nivellements nationaux.

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