Marche d'un nivellement. Baromètres altimétriques
i°. — C>n se sert de baromètres anéroïdes) métalliques, compensés pour la température. On lit aisément le dixième de millimètre. Aux points A et B dont on veut la différence de niveau, on mesure simultanément les températures et les pressions; on a ce qu'il faut pour calculer la différence des hauteurs. Deux observateurs sont nécessaires pour exécuter convenablement le travail : l'un reste au point A et détermine en fonction de l'heure la loi de variation des pressions et des températures; l'autre chemine sur le parcours à niveler.
Au voisinage de la pression de 760 millimètres, une variation de pression d'un millimètre de la colonne de mercure correspond à une dénivellation de 10 mètres environ; si l'on observe le baromètre au dixième de millimètre près, l'erreur est théoriquement de l'ordre du mètre. En réalité elle est supérieure; mais la méthode compense son manque de précision par sa simplicité et sa rapidité.
2°. — Certains baromètres anéroïdes, dits altimétriques ou orométriques, donnent directement les altitudes par simple lecture. Ils ont exactement la même précision et la même construction que les autres; on joint seulement à la graduation en millimètres de mercure, une graduation en hauteurs calculées pour la pression de 700 mm. à l'altitude 0 et pour la température moyenne de 20° centigrades.
La graduation H en hauteurs est mobile autour de l'autre. Au point P de départ, on ramène sous l'aiguille le trait de la graduation H qui correspond à l'altitude du point P, quelle que soit la pression actuelle en ce point. On lit ensuite les hauteurs atteintes à chaque instant.
Pour moins précise que soit cette manière d'estimer les dénivellations, elle est commode et bien suffisante pour les alpinistes, (jui peuvent ainsi plus facilement s'orienter dans le brouillard. Elle repose sur l'hypothèse que la variation de pression pour une dénivellation donnée est indépendante de la valeur absolue de la pression. Pour inexacte qu'elle soit, elle est légitimée en pratique par la très petite variation absolue de la pression en un lieu donné : au niveau de la mer, elle ne varie guère que de ±3 cm. autour de la moyenne, ce qui n'est qu'un vingt-cinquième de la pression totale. Au reste, le baromètre altimétrique peut servir de baromètre anè roïde ordinaire.
Ce serait ici le lieu de parler du Nivellement géodésique. Mais il fait intervertir les réfractions atmosphériques; il est donc traité dans mon Cours d'Optique géométrique supérieure. J'y renvoie le lecteur.