Hypothèse de la nébuleuse atmosphère
1°. — Voici comment Laplace conçoit la nébuleuse initiale; plus exactement voici l'une de ses manières de la concevoir.
C'est pour lui comme V atmosphère d'un Soleil. Notre système est formé aux dépens d'une masse primitivement fort étendue et animée autour d'un axe central d'un mouvement de rotation dans le sens direct. A l'origine cette masse est constituée par un noyau entouré d'une atmosphère, le tout à une température extrêmement élevée. L'équilibre est dû à ce que les diverses portions de cette atmosphère pressent les unes sur les autres, absolument co mme le font les couches concentriques de notre atmosphère. Se pressant mutuellement, elles doivent se communiquer leur vitesse angulaire; d'où l'existence d'une vitesse angulaire commune, unique à chaque instant; autrement dit, la nébuleuse tourne comme un bloc.
Par l'effet du refroidissement dû au rayonnement extérieur, la nébuleuse se contracte peu à peu; corrélativement la vitesse de rotation augmente; en vertu du principe des aires, la somme des aires balayées par le rayon vecteur de chaque molécule, projetées sur l'équateur, doit rester constante. La vitesse de rotation, qui s'uniformise en raison des frottements, va donc s'accélérant.
Voyons ce qui résulte de cette accélération.
2°. — Soit R. le plus grand rayon (équatorial nécessairement) que possède la nébuleuse à chaque instant; soit m sa vitesse angulaire, M sa masse.
La condition pour qu'à la limite équatoriale de l'atmosphère la force attractive de la masse fasse juste équilibre à l'accélération du mouvement circulaire, est :