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Valeur du procédé photographique

Le lecteur est, je l'espère, convaincu que l'emploi de la photographie comme procédé topographique, emploi parfaitement légitime, n'est pas aussi simple qu'on l'a prétendu. Pour être précise, la mesure des azimuts et des hauteurs exige un appareil bien construit, bien réglé, par suite coûteux, un dépouillement systématique des clichés avec un appareil [)errectionné, bref un travail fort loin de ce qu'on peut raisonnablement exiger d'un amateur. Un des reproches les plus graves qu'on adresse à la méthode, est de fournir trop de renseignements, .vrt/i,v qu'on soit jamais sûr d'avoir ceux qu'on désire. Laussedat est bien forcé d'admettre que « la première difficulté qu'ait à surmonter le topographe qui examine des vues de paysage pour les combiner deux à deux, consiste à identifier des

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points bien définis du terrain sur les deux vues prises de stations diirérentes ». Va\ bon taupin, il se tire d'alfaire par un tbéorcnie de perspective (jui ne prouve (ju'une ciiose : l'incertitude foncière du procédé.

La question pour nous est, non pas de savoir si, par hasard, de vues prises pour un autre motif on peut tirer quelques renseignements topographiques, mais si la photographie est un procédé régulier pour lever des plans. Nous sommes convaincus de l'affirmative, mais à la condition qu'on ne le présente pas comme accessible au premier venu, n'exigeant qu'une chambre photographifjue quelconque, des constructions grossières et des connaissances ultrarudimentaires. On apprendra bien plus vite à se servir d'une planchette (>t d'une règle à èclimètre (|ue d'une chambre photographique; on i'era do bien meilleur travail, avec moins de peine, moins de frais, — et j'ajoute d'une manière beaucoup plus intelligente.

Du reste, tous ceux qui sont un peu sortis de leur trou, savent ce que devient la photographie quand on n'a pas toutes ses aises et qu'on ne peut développer sur-le-champ, à quels déboires on est exposé, combien il serait fou de compter sur une caisse de clichés non développés, obtenus au Congo ou au Tchad, qui résument le travail pénible de plusieurs mois ou de plusieurs années, et qu'on ramène en France pour en tirer ce qu'ils contiennent. La photographie est souveraine pour donner l'aspect des pays : il est prudent de ne pas la faire sortir de son rôle.

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