Photographie en ballon, en cerf-volant, en aéroplane
1°. — La détermination de la planimétrie d'un pays de plaine par une photographie prise en ballon sur une plaque horizontale est particulièrement tentante. Si l'objectif est rectiligne et sans distorsion, l'image est rigoureusement semblable à l'ojjjet plan, quel que soit le champ. Supposons le champ de 90° et la plaque à 1 kilomètre du sol; nous faisons d'un coup la planimétrie correcte de 4 kilomètres carrés. C'est superbe : voyons donc pour quelles raisons prati- (fues cette méthode n'est pas employée, bien que des essais en aient démontré l'applicabilité (dont personne ne doutait a priori).
Qu'il s'agisse d'un ballon libre ou d'un ballon captif, l'appareil photographique est suspendu sous la nacelle ou le ballon de manière que la plaque soit automatiquement horizontale, ii la condition que le vent le permette. Dire que le vent ne le permettra jamais exactement est énoncer l'évidence : ainsi disparait l'admirable simplicité de la méthode. Assurément il n'est pas impossible de corriger la figure obtenue. Par exemple, on détermine sur le sol les distances d'un certain nombre de points ; on les compare aux distances de leurs images mesurées sur le cliché; en choisissant convenablement les points, on peut calculer l'azimut du plan dans lequel se trouvait la ligne de plus grande pente du cliché et l'inclinaison de cette ligne sur le plan horizontal.
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Le cliché représente une perspective lin terrain sur un plan légèrement incliné par rapport au quasi-plan à reproduire. Au reste, la mesure de quelques distances sur le terrain est dans tous les cas nécessaire pour donner l'échelle, ou, si l'on veut, pour mesurer la hauteur à la(|uelle se trouvait la plaque quand on l'a découverte.
Mais la principale difficulté de la méthode est l'emploi du ballon qui, même captif et de petites dimensions, nécessite des dépenses d'achat, d'entretien, de gonfiement, de transport, de gréage, etc., absolument prohibitives, sans parler des accidents. Cette planimétrie en apparence si peu coûteuse iinit par revenir atrocement cher.
On a substitué le cerf-volant au ballon. Outre qu'il n'est pas très facile d'élever un cerf-volant à un kilomètre, le facteur indispensable de l'ascension est le vent, que nous considérions tout à l'heure comme une complication. L'inclinaison de la plaque a beaucoup de chances d'être quelconque : la méthode devient encore moins régulière.
La photographie en aéroplane offre une autre espèce de difticulté : la grande vitesse horizontale. Mais c'est une affaire de sensibilité pour les plaques et de rapidité pour les obturateurs. Rien n'empêcherait de maintenir la plaque à peu près horizontale. A la vitesse de 60 kilomètres à l'heure, pour une hauteur moyenne d'un kilomètre, avec un objectif de 90° de champ, on peut planimétrer le parcours de l'aéroplane à raison d'un cliché toutes les deux minutes. L'expérience serait amusante.
Je ne crois pas nécessaire de discuter la question de la planimétrie d'un pays accidenté au moyen de clichés pris d'un ballon. Les plus ardents à prôner les méthodes photographiques reculent dans les complications évidentes de la méthode : ils se contentent de démontrer le problème géométriquement possible, ce dont personne ne doute et ce qui nous est parfaitement égal.