Jalonnage à l'aide d'une lunette
1°. — Quand la distance des jalons doit être grande (routes et chemins de fer), on utilise une lunette d'alig?iemcnt. C'est un théodolite dont on a supprimé le cercle vertical.
Le réglage est expliqué tout au long dans mon Cours sur la Construction, etc., des instruments de mesure et d'obsen'ation. Il s'agit d'obtenir que la lunette tourne autour de deux axes, l'un vertical B, l'autre horizontal A, et que l'axe optique de la lunette soit normal à l'axe .horizontal A. Dans ces conditions, l'axe optique décrit un plan vertical, quel que soit l'azimut dans lequel le cercle horizontal est calé.
En quelques mots je rappelle les opérations.
Verticalité de l'axe B.
Plaçons sur le limbe D un niveau à bulle. Faisons tourner l'instrument autour de l'axe matériel B. Si l'axe géométrique B est vertical, le limbe D décrit un cône d'axe vertical : la bulle conserve la même position par rapport au tulje qui la renferme, quel que soit l'azimut de l'instrument.
On utilise généralement deux niveaux réglables, fixés à angle droit sur le limbe. On les règle une fois pour toutes, de manière que l'axe B soit vertical quand les bulles sont entre des repères symétriques par rapport au tube. Si le réglage est bien fait, les bulles demeurent entre ces repères, quel que soit l'azimut du limbe.
Horizontalité de l'axe A de la luxette.
Nous supposons que l'axe A est un cylindre, autrement dit, que les deux tourillons ont même diamètre. Le coussinet G est réglable en hauteur par rapport au support S, de manière que, l'axe B étant vertical, en puisse amener l'axe A à être horizontal. On utilise pour cela le niveau N, qui se place à cheval sur les tourillons. 11 faut qu'après rotation de 180" du niveau, sa bulle reste entre les mêmes repères. Une fois pour toutes, on s'arrange de manière que, l'axe A étant horizontal, la bulle soit alors entre deux repères symétriquement placés par rapport au tube.
Normalité de l'axe optique et de l'axe horizontal.
Si la lunette peut être enlevée de dessus ses coussinets et retour-
AnrE.STAGK
née de 180" ^de manière que le tourillon de droite vienne à gauche), on opère comme suit. On amnne la croisée des (ils du rélitiile sur l'image d'un point éloigné P. On cale le limbe. On retourne la lunette : l'image du point P doit so trouver encore sur le réticule. Sinon on déplace le fil vertical du réticule par rapport au tube de la lunette. On recommence jusqu'à ce que l'opération réussisse.
Si la lunette ne peut être enlevée de dessus ses coussinets, il faut que le support soit assez haut pour permettre la rotation complète. On opère alors comme suit. On vise un point éloigné P ; on détermine au vernier l'azimut du limbe. On tourne le limbe de 180° autour de l'axe B, simultanément la lunette de 180" autour de l'axe A. L'imagé du point P doit se retrouver sur le réticule. Sinon on déplace le fil vertical du réticule par rapport au tube de la lunette jusqu'à ce que l'opération réussisse.
2". — En définitive, nous sommes assurés que l'axe optique de la lunette décrit un plan vertical, quel que soit l'azimut dans lequel nous calons le limbe.
L'alignement s'eflectue maintenant avec facilité. Il consiste à viser le point le plus éloigné et à planter les jalons de manière que leurs images se superposent sur le fil réticulaire vertical, l'inclinaison de la lunette étant convenable.
Si la ligne à jalonner est en plaine, le réglage de l'instrument est inutile, puisque nous n'avons pas à toucher à la lunette. Le réglage n'est utile que pour jalonner un terrain en pente : pour voir successivement les jalons, nous sommes alors forcés d'incliner plus ou moins la lunette ; d'où la nécessité que son axe optique décrive un plan vertical.
L'avantage de l'emploi d'une lunette est que, même sur des terrains accidentés, nous pouvons n'employer que des jalons très courts, par suite plus faciles à transporter et à maintenir verticaux. A la rigueur des piquets suffisent.
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