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Horizon artificiel. Latitude au voisinage du pôle

i°. — Le lecteur s'est sûrement demande comment les Nansen, Pearj, Scott,... déterminaient leurs positions.

Au pôle même, la hauteur des étoiles est invariable et égale à leur déclinaison; elles décrivent de petits cercles parallèles à l'horizou. La hauteur du Soleil ne varie qu'en raison de la variation de sa déclinaison. Pour savoir qu'on est au pôle, il sulTit donc de régler un théodolite à la manière habituelle : il joue le rôle d'équatorial.

Sextant

Fig. 60 b!s.

Pour mesurer la latitude, on détermine comme d'habitude la hauteur du Soleil à son passage au méridien.

Voici comment opérait Peary avec un horizon arlificiel.

Le mercure dont la surface doit former l'horizon, est versé dans un auget en bois, jusqu'au bord si le Soleil est très bas sur l'horizon. On détermine avec un sextant la distance angulaire du Soleil vu directement et de son image sur le mercure : elle est égale à deux fois la hauteur h cherchée.

L'auget est placé près du sol sur une Ijoîte formant socle. Une peau est étendue sur la neige au nord du socle. L'observateur s'y allonge à i)lat ventre, le visage tourné vers le sud, la tète et le sextant tout près de l'horizon artificiel. Les deux coudes sur la neige, il tient ferme le sextaut à deux mains et déplace sa tête avec son instrument jusqu'à ce que l'image du Soleil se réfléchisse à la surface du mercure.

L'auget est recouvert d'un loit pour éviter l'action du vent. C'est

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une annature mélallic|ue portant deux plaques de verre dépoli et inclinées comme les laces d'un toit de maison. On place le toit de manière que larèle soit ilaiis la direction nord-sud.

5". — A (|uolle précision peuL-on déterminer la position du pôle?

Peary estime que l'erreur de ses mesures est comprise entre 1 et 10 milles. « Je pense, dit-il, (pi'une estimation de ô milles (9 kilomètres) est raisonnable. »

La mesure prt'senlc en ell'et des diriicultc's assez grandes. La j)rincipale, suivant Peary, est la fatigue des yeux « parle jour brillant et ininterrompu pentlant des jours et des semaines ».

D'autre part, la hauteur du Soleil variant peu, le méridien est très mal déterminé ; il devient indéterminé au pôle. On ne connaît donc (|ue grossièrement la longitude du point où l'on est, j)ar suite à quel instant il faut observer. D'où la nécessité de prendre une série de hauteurs, pour obtenir la hauteur raaxima qui donne la latitude; ce qui implique une fatigue considérable.

3°. — Au lieu d'un horizon arliliciel en mercure, on utilise souvent une glace de verre noir fixée sur un support à vis calantes. On la règle horizontalement avec un niveau à bulle d'air qu'on pose dessus. Des niveaux fixés au support et qu'on règle une fois pour toutes permettent un réglage rapide dans les observations ultérieures.

La précision du réglage est moindre qu'avec le mercure ; mais outre qu'on neriscjue pas de renverser son mercure, la surface réfléchissante reste bonne malgré les trépidations et le vent.

Dans les explorations l'horizon artificiel permet l'emploi du sextant, appareil moins fragile et moins lourd que le théodolite.

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