‹ Géographie mathématiqueChapitre 80 sur 308 · Réglage des chronomètres · texte numérisé non relu

Réglage des chronomètres

i°- — Les chronomètres de marine sont de grosses montres réglées par un ressort spiral cylindrique, à échappement libre (voir

AZIMUTS. IIEritE LOCALE. LOSGITVDE 101

mon Cours sur le Pcinliilc, Spir<tl, Diapason) et à fusée. Ils battent la deini-secondo.

On doit transporter les chronomètres à i)ord en évitant les heurts et les cahots : les mouvements du bord, si désagréables pour nos estomacs, sont toujours relativement lents et doux, surtout pour un appareil monté à la cardan. On installe le clirononu'tre sur un support rivé à l'un des ponts, dans une pièce close, loin des machines et des chaudières, plutôt à l'avant, pour éviter les trépidations de l'hélice. La suspension est protégée contre les chocs par une boite de bois. Le reuiontage se fait tous les jours à la même heure. Le chronomètre ne doit Jamais être dérangé de sa boîte; on ne touche jamais aux aiguilles; elles n'indiquent donc jamais l'heure moyenne du méridien origine. L'étal absolu est la correction qu'il faut ajouter à l'heure du chronomètre pour avoir l'heure de ce méridien; c'est, si l'on veut, le retard de l'heure indiquée sur l'heure de Paris.

On appelle marche diurne la quantité dont croit le retard par 24 heures de temps moyen. Si la marche est positive, le chronomètre retarde; si la marche est négative, il avance. La marche est ordinairement de quelques secondes; mais un chronomètre peut être excellent avec une marche relativement considérable : ne confondons pas la régularité du fonctionnement (seule chose essentielle) et la diiïérence entre la période du battement et la seconde moyenne, diflerence dont la valeur est d'importance secondaire.

Régler un chronomètre, c'est déterminer sa marche ; c'est en même temps déterminer son étal.

Le lecteur remarquera que, pour être réglé sur le temps moyen, le chronomètre doit avoir une marche de .3'" 56' ==236' sur le temps sidéral déterminé par une lunette immobile sur les fils de laquelle passe la même étoile équatoriale deux jours de suite.

?". — Pour le réglage et les observations, on se sert d'un compteur. C'est un chronomètre, mais d'une construction moins soignée et d'une valeur moindre. Les compteurs battent ordinairement la demi-seconde.

La comparaison du chronomètre et du compteur se fait à l'oeil et à l'oreille. On prend la demi-seconde du compteur; on compte les battements, en commençant 10 battements par exemple avant l'heure fixée pour la comparaison; simultanément on suit des yeux l'aiguille du chronomètre. Au moment du dixième battement du compteur, on observe ce que fait cette aiguille : elle peut être stationnaire sur le trait qui marque la seconde, ou sur celui qui marque la demi-seconde ; elle peut être en mouvement pour passer d'un trait à l'autre. Dans le premier cas, on compte 0%0 ; dans le second, on compte 0%5; dans les deux autres on estime le dixième de seconde.

En rade, pour déterminer Vélat, on compare le chronomètre au compteur. On descend à terre, on compare le compteur à une horloge réglée. On revient à bord; on compare de nouveau le compteur

102 GEOGRAI'UIE MATHEMATIQUE

au chronomètre. Recommençant plusieurs jours de suite, on a l'état et la marche.

Pour déterminer les marches, on construit la courbe des états, en prenant le temps comme abscisse et les états comme ordonnées. On doit trouver une droite, au moins quand les variations de température n'interviennent pas considérai)lement.

Peu à peu la marche se modifie sous l'influence de l'épaississcment des huiles et, à la longue, sous l'influence des modiiicalions internes du ressort spiral. La température agit sur les huiles, sur l'élasticité du spiral et sur le moment d'inertie du balancier; on se rend compte de ses effets en traçant la courbe des marches pour les températures les plus difterentes subies, marches au besoin corrigées des variations lentes.

Quand on ne possède qu'un chronomètre à bord, rien ne peut faire soupçonner une perturbation, un saut. Quand on en possède deux, le désaccord brusque des marches est une preuve de perturbation pour l'un ou l'autre, mais on ne sait lequel. La sûreté commence avec l'emploi de trois chronomètres; mais alors c'est tout un travail pour les étudier, les comparer, les remonter...

Page 1