Longitude par transport de l'heure du méridien origine
i*. — ■ Dans les pages précédentes nous apprenons à déterminer l'heure locale de temps moyen, c'est-à-dire l'heure de notre gardetemps pour laquelle le Soleil moyen passe à notre méridien. Cette détermination n'est précise que si nous connaissons au moins approximatn'ement la longitude tlu lieu où nous sommes, puisque les tables fixant la position du Soleil moyen par rapport au vrai ou par rapport aux étoiles sont calculées pour le méridien de Paris {Connaissance des Temps), pour le méridien du Greenwich {Nau/ical. Almanach).
Pour connaître avec précision la longitude d'un lieu, il faut connaître simultanément l'heure de ce lieu et l'heure du méridien origine. Comme il s'agit du temps moyen, la différence des heures multipliée par 15 donne la différence des longitudes évaluée en degrés.
Le procédé le plus simple, au moins en théorie, consiste à emporter avci' soi l'heure du méridien origine, sous la forme d'un chronomètre réglé sur cette heure et dont on connaît la marche, c'està-dire aux indications duquel on peut faire subir une correction telle que l'heure du méridien origine s'en déduise à tout instant.
Aussitôt déterminée l'heure locale de temps moyen à notre chronomètre, nous connaissons la longitude, puisque, par hypothèse, nous savons quelle est au même instant l'heure du méridien origine.
IKj GÉOGRAPHIE MATHEMATIQUE
•2". — Quand il s'agit d'une exploration, on emporte des chronomètres étudiés le mieux possible; on détermine leurs indications pour le midi moyen du lieu pris pour origine auxiliaire, avani le dépari et après le ic/oiir. On peut ainsi calculer l'avance ou le retard moi/en diurne pendant l'exploration et corriger après coup les longitudes des lieux parcourus. De telles corrections n'ont aucun intérêt en mer, où l'on se propose, non pas de déterminer les coordonnées géographiques de lieux par nature indiscernables, mais d'assurer la marche subséquente du navire. Force était alors d'emporter plusieurs chronomètres, de comparer leurs marches, le cas échéant cle corriger ces marches des erreurs dues aux variations de température, bref d'entourer ces instruments des soins les plus minutieux. Sur les navires de guerre, un officier dit des monires était charge de cette importante fonction.
La vulgarisation de l'emploi des récepleuis de télégraphie sans fil tend à annuler son rôle, déjà bien amoindri depuis que la vapeur avait raccourci les voyages. Aujourd'hui on demande au chronomètre de conserver l'heure, non plus cjuelques mois, mais l'espace de 24 ou de 48 heures. Du temps des longues croisières qui duraient un ou deux ans, on s'arrangeait de manière à passer par quelques points de longitudes connues, ou à déterminer la longitude par quelque procédé permettant de vérifier la marche des chronomètres.
La détermination des longitudes par transport d'heure et détermination astronomique de l'heure locale est soumise à des incertitudes qui atteignent 3 à 4 secondes de temps, ce qui fait 45" à 1' d'arc.