Signaux de T. S. F
1". — 11 n'y a pas de comparaison à établir entre les installations nécessaires pour envoyer ou pour recevoir les signaux radio-télégraphiques : les premières sont coûteuses et encombrantes autant que les secondes le sont peu. D'où l'idée de distriliuer une heure internationale à tous les navires, même à ceux dont le tonnage et le personnel ne permettent pas les frais d'une installation complète de T. S. F. Pour éviter une confusion encore |)lus dangereuse que l'absence de signaux, la Commission internnlionale de l lieiire a posé quelques principes.
Il était d'abord juste de prendre comme heure internationale celle de Greenwich, une grande partie des navires actuellement construits étant anglais. 11 est à souhaiter (jue chaque point du globe reçoive au moins un signal horaire de jour et un signal de nuit: d'autre part, il faut que les signaux soient assez puissants pour ne pas exiger des récepteurs trop délicats; d'où la nécessité de répartir les centres d'émission à peu près uniformément sur le globe. Exceptionnellement, deux centres peuvent émettre aux mêmes heures, sous la réserve que leurs zones d'action ne se recouvrent pas.
Pour les besoins de la navigation, des signaux émis à l'approximation d'une demi-seconde sont largement suffisants; cela corres-
IZ/.Vt/'N. IIELUE locale. LOSGITLhE 115
poiul à un aiii;lc de 7", 5 tiare; on sait (|iio les mesures d'an^'les au sextant attoignoal rarement la précision do '.^ .
;">. — Les signaux lierai res sont efTectués suivant des schèmes qui sont actuellement très discutés.
Voici le sclième qui a été utilisé par la Tour Eiffel jusqu'en 1!U5.
Les iops i\c mesure sont des traits do l/i de seconde de durée, transmis par l'Observatoire de Paris et reproduits automatiquement par la Tour Eiffel à 10'' 45'", 47'" et 49™ du soir.
Il sont précédés de signaux préparatoires :
de 10" 44'" 0' à 10" 44"° 5.5% série de traits — — — ;
de 10" 40"' 0* à 10" 46'" 55% série deD ;
de 10" 48"' 0> à 10" 48"- 55% série de 6 .
11 s'agit ici de traits, de D, de 0 de l'alphabet Morse. '. — Voici à quoi se ramène la détermination de la longitude à icrre.
Réglons une horloge de temps moyen sur l'heure de la Tour Eiffel. Elle donne donc (après les corrections convenables) l'heure de temps moyen de Paris.
Déterminons l'heure du passage d'une étoile au méridien : nous avons ce qu'il faut pour calculer la longitude.
[{éprenons l'exemple du § 78. Prenons 3'" 48"' 13' pour ascension droite du Soleil moyen. Dans ces conditions, quand Antarès passe au méridien d'un lieu, ilyest 12" 35'" 57'. Au moment du passage, regardons notre horloge; supposons qu'il soit 12" 5"' i'I*. Cela veut dire que notre longitude est de 30'" 47% et que nous sommes à l'est du ' méridien de Paris.
Sur mer nous utilisons un chronomètre qui (après les corrections convenables' donne l'heure de Paris. Nous déterminons l'heure locale par la méthode du S 82, avec le Soleil observé en hauteur le plus près possible du premier et du troisième vertical.
La latitude est estimée ou déduite d'une observation à midi.
La déclinaison solaire peu i'ariahle est déduite de la longitude, estimée.
Comparant l'heure locale à l'heure du chronomètre, nous avons la longitude.
Au lieu d'opérer le matin ou le soir, déterminons la hauteur solaire vers midi; elle fournit la latitude.
A cela se réduit en pratique l'Astronomie nautique actuelle : déterminer les hauteurs solaires le matin ou le soir pour avoir la longitude, à midi pour avoir la latitude.
Le lecteur comprend maintenant comment un capitaine au long cours peut ignorer le premier mot de la Cosmographie la plus élémentaire, et cependant conduire correctement son navire. Il comprend aussi pourquoi l'Astronomie est devenue la science la plus inutile qui soit : on n'en utilise qu'une partie extrêmement restreinte et qui correspond à des observations très faciles.
116 aiiOCRAPllIE MATIIliMATIQlE