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Longitude par les distances lunaires

i". — Il y a cent a»s, ou considérail la dislance de la Lune au Soleil ou aux étoiles comme excellente vérification de l'état des chronomètres après de longues traversées. Tant à cause des perfectionnements apportés à la construction des chronomètres qu'en raison du raccourcissement des traversées, et surtout de la distribution de l'heure par T. S. F, cette méthode n'a plus qu'un intérêt de curiosité. Nous l'étudierons cependant pour son intérêt théorique, et parce que la nature des corrections en fait un excellent exercice.

La Lune se déplace relativement vite dans le champ des étoiles. Puisr[u'elle fait un tour sidéral en 27 jours 8 heures environ, c'est d'un peu plus de 13° que son ascension droite varie par jour.

Sa distance angulaire au Soleil ou à une étoile convcnahicnieiil choisie varie journellement de 11° à 14°.

On peut calculer des tables donnant, pour chaque jour de l'année, pour les heures 0, 3, 6, 9,... de temps moyen de Paris, la distance de la Lune à un astre bien choisi, pour l'observaleur suppose au centre de la Terre. De la mesure de la distance il déduit l'heure de temps moyen du méridien origine au moment de l'observation [évidemment fictive, puisque l'observaleur est à la surface).

2". — Depuis 1005, la Connaissance des Temps a cessé de publier les tables des distances lunaires, que personne n'employait plus. J'emprunte donc le tableau suivant à un Extrait antérieur à cette date.

Au 1" janvier 1893, on conseille de mesurer la distance de la Lune (centre du disque) k l'étoile a Bélier (^ = 2" 2" 22% D=: + 23'' 3' 39"), qui se trouvait alors à l'ouest de la Lune.

Les distances étaient les suivantes pour les heures indiquées (temps moyen de Paris) :

L'étoile étant à l'ouest de la Lune, la distance augmente.

Ce serait l'inverse pour une étoile ou une planète se trouvant à l'est de la Lune pour la date fixée, par exemple Saturne, qui est recommandée pour le 4 janvier 1893.

On trouve ainsi qu'en 3 heures (10.800 secondes) la distance de la Lune varie de plus de 77' et de moins de 115', quel que soit l'astre « que l'on considère. En admettant une erreur de 30" sur la mesure, M l'erreur en temps a pour limites 70* et 49', soit en moyenne une ■ minute de temps. Sur la longitude c'est une erreur de 15' d'arc, de quinze milles marins à l'équateur.

Evidemment, il est remarquable qu'on puisse avec un sextant déterminer l'heure du méridien origine à une minute près. Mais,

AZIMUTS. IIF.VRE LOCALE. LO>;GITUDE

pour ailmiral)le que soit le rôsullat, on comprend cpie la niétliode soit abantlonuée : une i)onne montre est rarement sujette à de pareils dérangements, (t /or/iori un chronomètre de marine.

Encore ne l'audrait-il pas dire avec Biot : « Un navire est jeté sur rOccan à mille lieues de toutes cotes, ne voyant que l'eau et le ciel. L'homme qui le monte va déterminer sur celte immensité uniforme le point imperceplihlc oii il se trouve; et la précision du résultat sera telle que, du haut des mûls de son navire, l'horizon que sa vue embrasse s'étendra plus loin que ne j)Ourrait s'étendre son erreur. »

En eflet, nous supposons, dans ce qui précède, que l'observateur est au centre de la Terre. Pour l'observation réelle à la surface, la distance lunaire exige des corrections importantes, possibles seulement quand on sait à peu près où l'on se trouve.

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