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■ de rendre le château ou plein la main de ma terre! — » C'est bien, >> dit Bernart, et il s'en retourne.
56. Bernart s'en retourne et se rend droit h la tente du roi. Et Charles lui demande en le voyant : « Dis-moi, » Bernart, qu'as-tu entendu? Malheur à toi si tu mens!
— Que Roussillon est véritablement un aleu : son père n'a y jamais servi personne, et il ne vous servira pas non plus. ■
— A ces mots, Charles Martel se courrouça : de douleur ef de rsge, il devint tout noir. Il a mandé ses clercs, écrit ses brefe ; de France, d'Auvergne ', de Berry, il réunit plus de barons qu'on en vit jamais pour marcher sur Girart le comte, le hardi guerrier, Ils tinrent le siège tout un été. Un matin, au point du jour, ils assaillirent Roussillon. Mais Girart ne s'oublia pas, et pasj un de ses hommes ne lui fit défaut. Us sortirent quatre cents, armés de hauberts et de heaumes, et aux grandes barrières = ils tuèrent tant de leurs adversaires que des ruisseaux de sang coulèrent par le camp, et si Charles avec les siens l'attaqua, cette première fois il n'eut pas A s'en féliciter.
57. Girart leur a tué maint franc damoiseau; il rapporte son gonfanon rouge de sang, qui lui coule le long de la hampe jusqu'au pied ^. Tous ses hommes en sont émerveillés. Il regarda à droite par les champs : il n'y S chevalier qui ait sur la tête autant de cheveux qu'il vit reluire de heaumes au soleil. Il entra su château, sous un tilleul; fermant après lui toutes les portes, et réunît en conseil ses meilleurs amis : « Ecoutez-moi, Armant de Monbresel * : Boson, Fouque et Seguin » sont mes fidèles : ils vont parcourir ma terre ..rassemblant " mes amis. Si Charles me guerroie, je ne m'estimerai pas un