‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 182 sur 406 · Jusqu'à Chalott, selon P. (v · texte numérisé non relu

Jusqu'à Chalott, selon P. (v

8. Rame est l'ancienne Rama, station des Alpes Cottiennes entre Embrun et Briançon. que mentionnent l'Itinéraire d'Antonin, l'Itinéraire de Bordeaux h Jérusalem (mulal 10 Ramae) et les vases ApoUinairea; voy. E. Desjardins, Géographie de la GauU d'après la Table de PtMtinger,iii6g,p. 414-5. " Rame était située» dans une petite plaine à la

■ droite de la Durance, entre la Roche et Chancella L'empereur

» Frédéric I" donna aux comtes d'Albon, en 1 1 52, une mine d'argent à i> Rame. Saint Pelade, naiif et archevêque d'Embrun, y ci

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GIRART DE ROUSSI I, LON 4g

> mes avec le vieux Guigue. Et si vous approuvez mes pa-

• roles, rassemblons nos forces, n Plusieurs des barons de la cour répondent : ■ Ce conseil vaut mieui que celui

> de Boson. >

100. Girart prit don Fouque par son manteau, et le tira . â part près d'une grille : < Neveu, écoutez la parole que )e

» vais vous dire : Nous ne trouverons pas chez le roi de » bonne foi à notre égard. — Je m'en afflige, » dit Fouque, « par saint Marcel, et pourtant je m'en irai vers le roi

> Martel; je lui présenterai ton droit avec cet anneau : je

> n'y porterai lettre, bref ni sceau. Nous serons pour ser- » vir d'otages cent jeunes hommes. Si nous avons un

• ennemi qui se dresse contre nous, qui défasse l'accord et

> le combatte, nous reviendrons par la grande route, nous » garnirons contre le roi de -nombreux châteaux, aban- » donnant les vieux, faisant choix des plus nouveaux; il » ne les aura pas conquis à la Saint-Michel! Puis nous

. » lui ferons une guerre dure et sanglante, dont maint ria che homme aura la coiffe trouée. Je crois que de bons » chevaliers seront jetés t)as de leurs chevaux, ou sur le

• dos ou sur le ventre.

101. — Neveu », dit Girart, « oyez chose certaine. Nous » avons là pour ennemi Thierrî d'Ascane : il est natif de » Lorraine la Thierrienn& ■. Mon père lui enleva le duché

■ vi" siicle, une église sous le rïtre de saint Laurens martyr, où il dé- ■> posa des reliques de ce grand eainl. Ramcfuisait alors une paroisse; B itiaû les débordements de la Durance, qui emportèrent inscnsible-

> ment le terroir de celte ville, obligèrent les habitants à aller se fixer a ailleurs ; en 1444, le nombre de ceux qui y restaient était d^à si B petit que le pape Eugène IV unit la paroisse de Rame à celle de la

> Roche ». (Albert] Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du diocèse d'Embrun, 1783, 1, i63-4.

1. Lohereiiie la tieriane; est-ce par allusion aux Thierris qui Turent rois d'Austraaie? ou simplement parce que le Thierri dont il est ici question était, comme on le verra plus bin, duc de Lorraine r Ce Thierri est peut-être un souvenir du duc de la Haute- Lorraine du

5o GIRART DE KOUSSILLON

B de Braine > ; par suite, tl vécut sept ans dans les bois, » sous Comejane * , équarrissant des bois de charpente , * quand un jour Louis 3 l'en tira ; il lui donna avec sa terre

■ sa sceur germaine. De la mort de nos pères le vieux se

> vante : il dit que, s'il peut les rencontrer en plein champ,

> ils ne trouveront refuge en bois ni en garenne, —

■ Cela B, dit Fouque, ■ je te tiens pour fanfaronade; les

■ menaces, j'en fais autant de cas que d'une noisette. ■ 102. Fouque quitte le conseil et rentre chez lui. Cent

barons de sa terre le suivirent, tous vicomtes, comtors, puissants seigneurs. 11 les tire à part sous la voûte d'une fenêtre, a Seigneuis francs chevaliers, je n'ai qu'une chose i

mime nom qui luila contre Lothaire Ion du siège de Verdun (984) el qui eut plus tard liosB) des démâlés avec Eudes [- comte de Champagne. Thierri d'Ardenne fpeut-êlre le mâme que le Thierri d'Argone de Râlant), est mentionné dans plusieurs chaDSons de geste françaises, par exemple dans Renaut de Mantauban, dans Gaido», dans Fierabrax. Ce dernier pofme contient un passage qui doit £tre cité ici, parce qu'il y est fait allusion à un récit plus ou mrâns légendaire selon lequel Thierrï aurait vécu dans la for£t d'Ardenne de la vie des bannis. Il paraît probable que c'est à ce raftae récit que va fiiire allusion Gîrarl. Voici le passage de Fierabrat. Dana une tour assiégée par les Saraïins sont enfermés plusieurs Fnuifais :

S'I est li quen> Bcrars qui moat qdu« ■ grevés Et Tiens l'»rdenoii o le grenon melk,

Je ne saurais déterminer le Heu ■ d'Ascane », ailleurs, pour la rime, » d'Ascanse n (v. 1 141, 3646), d'où notre.Thierri tire son surnom.

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