‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 198 sur 406 · P. (V..I432) « neveu d'Euiais · texte numérisé non relu

P. (V..I432) « neveu d'Euiais

leur chevalier, nul meilleur vassal ne brisa sa lance. Il avait le corps élance, délié et vif. Il dira une parole dont le roi s'irritera ; « Par Dieu ! Charles Martel, c'est mal à toi 1 de jeter le trouble par tout le monde Mais je crois que

> Gtrart t'abaissera par les armes  tout jamais, et moi, que n je sois un lâche ■ si je ne te le fais payer! Je conduirai j> mille chevaliers, tous vaillants guerriers, et je te pousserai » de telle façon jusqu'à Aix, qu'il n'y aura si fort chftteau » que je n'assaille. De tes domaines, je compte bien engrais- » ser les miens, u Le roi l'entend, le sang lui monte au visage. 11 les ferait tous pendre, quand Evroin, le seigneur de Cambrai, prit la parole avec Enguerran, Thierri et Pons de Clais : « ftoi, tu es mort, si en ta cour tu fais félonie : si I tu te charges d'une telle lâcheté, tu n'as si riche baron qui n dès lors ne t'abandonne ! »

124. Evroïn de Cambrai prend la parole. Il donnerait bon conseil, le comte palatin, si on voulait l'en croire. 1 Messager, vous n'êtes pas fin devin dans les affaires de » la guerre. Quand deux seigneurs souverains sont voisins, » l'un comte, l'autre roi, ils sont plus âpres â la guerre que » des chiens à la poursuite du sanglier. SI nous unissions » nos forces pour faire la guerre aux Sarrazins, je crois qu'on » en aurait bientôt fini avec eux '. a

i2i. En l'entendant, Charles se renfrogna, t Voici, » ditil, « que don Evroïn nous a fait un sermon comme le vieux » prédicateur de Saint-Denis, qui prêche son peuple et le

> convertit ; mais nous ne quitterons pas le vair ni le gris, 1 les blancs hauberts ni les heaumes brunis, jusqu'à tant

I. Mol à mol D un rcasrd (vulpis). Traiter quelqu'un de gourpil, c'tftait lui faire la plus grave injure. Voy. Du Gange au mot vulpecula,

1. La mfine pensée faisait dire à Peire Vidai : < C'est mal aux g quatre rois d'Espagne de ne vouloir pas avoir paix entre eux... Si i seulement ils voulaient tourner leur guerre contre la gent qui ri'a pi* •> noire croyance, jusqu'à tant que l'Etpagne fût coule entière d'une n même foi ! h (Plus quel paubres.J

s que j'aie par guerre écrasé Girart qui m'A pris ou tué mes » hommes! — Abl roi, ■ répond Fouque, s c'est toi qui as

> fait tout le mal, maïs avant que tes menaces se soient vé-

> rifiées, tu auras plus perdu ou plus conquis.

126. ■ Sire, nous allons partir : nous n'emporterons n avec BOUS ni accord, ni droit, ;ii amour. Nous conterons • ce que nous avons entendu ici ; nous le redirons à Girart en

■ sa cour pléniére. Vous avez assemblé votre armée, nous

■ manderons la nôtre. Dans les plaines de Vaubeton ', nous B nous verrons, dans la campagne ob coule la rivière d'Ar- » sen*. Si nous y sommes les premiers, nous la passerons, b — Charles répondit : « Qu'il soit convenu que le vaincu » passera la mer et s'exilera '. — Soit ! » répond Fouque,

1. Je n'ai pai réusti à irourer de Kite purement historique lur ce Vaubetoa ou e«t uùgai rendei-voui pour U bataille entre Charles et GiTBTl, Ce n'fuit uns doute pas un lieu imaginaire : on a vu plut haut ce nom de lieu employa comme surnom [Tibert de Viubeion, I 3ôj. CfiprU la Ifgende latine Vaubeton aurait été situé entre Veielai et Pierre- Penbuis (arr. d'AvtlloQ] : » Rei.... denunciil ci (Girardo) D bellum cum oinni sui virtuie, in Talle videlicet Beiuu, que liia est » inter monten Verzeliacum et castrum quod Pelrt Pertosa nuncu- B patur ■ (I 137, Romania, VII, 303;.

3. La dftermi nation géographique de ce coun d'eau dfpend naturellement de la déierminaiiaa de Vaubeton. Si au sujet de ce lieu on admet les données de la légende latine citée à la noie précédente, le seul cours d'esu auquel on puisse penser est la Cure, petite rivière qui passe à Pierre-Pcrthuis et se jette dans l'Yonne un peu avant Auierre. Cette identi&cation a été foite par l'auteur de la lëgende latine, qui prétend qu'à cause de la douleur de cceur [dolore cordis) éprouvée par les amis de ceux qui périrent dans la bataille, la rivière appelée jusque-li Âraia, prit le nom de Core. Cette bizarre étymologie mise de cSié, le (ail même du changement de nom n'est peut-être pas en luimême iaadmisNble, bien que je ne voie aucune raison de le supposer.

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