‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 207 sur 406 · Voy. p. 4, n. t · texte numérisé non relu

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7. La vallée d'Aspe, Basses-Pyrénées, l'un des passages let plus fréquentés au moyen âge entre la France et l'Espagne. On lit dans Aiol (v. 9^63) ;

CDCTpiueal Ici pors d'Apes, al licncnl ccui de Sir«.

ioïGooqIc

Borz >. Charles ne les laissera pas longtemps en repos : il marche sur Girart, à droit ou à raison ; il chevauche vers Vsubeton, où il y eut tant de morts, qu'on en fit une montagne plus élevée que n'est Niort '.

141. Vastes sont les plaines de Vaubcton : elles s'étendent bien sur quatre lieues tout d'une traite, sans mauvais passage, marais, bois, ni herbage : seule, la rivière d'Arsen ^ les divise. Charles Martel chevauche jusqu'à Avalon, croyant prendre le château, mais il n'en fut rien. En un pui est Fouchier le marquis, avec lui mille vaillants chevaliers; il crut pouvoir faire du butin sur l'ost [de Charles], mais il u'en fut rien, car le roi et ses barons en furent informés. Le roi mande à ceux qui étaient restés â l'ost, qu'aucun chevalier ne se mette à la poursuite de Fouchier *. Lâ>dessus Fouchier s'en va vers RoussîUon. 11 rencontra Drogon et Odilon, le premier était père de Girart, l'autre de Fouque; puis Guillaume ^ et Rainaut qui tenait Mâcon. Ils entrent par l'une des extrémités dans Vaubeton. Là vous eussiez vu dresser tant de goofanons, tant d'enseignes variées et tant de pcnons, que l'espace qu'ils occupent a plus de sept Ueues. Vous eussiez dit, en les voyant en plaine, que jamais en ce monde il n'y eût tant d'hommes assemblés.

1. Val de Borj Oif., le vers manque dans P. Ce ne peut ttre Bourget, appelé Beor ges lOxS.j aux J) 104, loS.

2. Niort est là pour la rime; si c'est bien du chef-lieu des Deui- Sèvrcs qu'il s'agit. Cette ville n'est point sur une hauteur, non plus que Niort, Aude, canl. de Belcsire.

i.Atsani; Oxf. (mais Arum, en rime, j 116), ArcenP.{v. 1756).

4. La tentative de Fouchier et les mesures prises à rencontre par le roi ne sont pas contées clairement. L'auteur veut dire, ce semble, que Fouchier, profitant de l'absence de Charles qui s'était dirigé vers Avalon dans l'espoir de s'en emparer par surprise, fit une attaque feinte sur le camp ennemi, afin de provoquer une sortie de U part de ceux qui I* gardaient, de les entraînera sa suite tandis qu'une troupe «postée aurait [Allé le camp laissé sans défense. Cest pourquoi Charles donne de* ordres pour interdire toute sortie.

5, Guillaume d'Aucun? Cf. U 7;, 86.

142. Ce fut un lundi, i l'aube du jour, au temps ob les prés fleurissent, oti les bois se couvrent de feuilles. Charles fait sonner à la fols trente cors d'ivoire, pour faire connaître aux barons qu'î) pense à livrer une bataille rangée. L'est se rassemble et se met en marche. Les vagues de la mer sont moins pressées que les enseignes que vous eussiez vu flotter au vent. Charles les dirige vers Vaubeton , oti se livra la bataille forte et amère : celui qui y tomba ne put se relever, ni plus jamais revenir à sa demeure.

143. La bataille fut forte et flèrc, comme vous entendrez : vous pouvez le demander aux prêtres et aux clercs qui en perdirent leurs dimes Intimes. Du côté de Cbarles, furent le comte Joffroi ', Aimon, Aimeri et Andefroi ', et Helluin de Boulogne ^ et le fort Chapois *, vingt mille Bavarois et Allemands '^ dont l'oriflamme était portée par le duc Godefroî. Les Aquitains formèrent cette fois l'avant-garde. Le duc Gui de Poitiers, guerrier choisi, à la tète de vingt mille Aquitains' qui lui sont fidèles, fut fait le chef (?) de l'avant-garde de Charles. Celle de Girart était formée p^r vingt mille Desertains du Pui de Trez ^ ; parmi eux, pas un couart ni un liche. Là oti les avant-gardes se rencontrèrent, la mêlée fut telle qu'on n'en verra jamais de plus grande.

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