‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 214 sur 406 · AfdrftioP. (v · texte numérisé non relu

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S. Voy. ci-dessus il toi ^t t'i-

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sauts par le pré fleuri, suivi de s«s Itommes. Thierri s'écrie : a Allons, vieux hibou moisi ■ 1 vous avez donc renoncé à la » chevalerie, qu'on vous voit enfoui parmi les vôtres? » Et Drogon répondit : o Me voilà tout prêt; je n'aime pas ceux B qui me menacent (?). ■ Il pique le cheval qui bondit. Voilà les deux chevaux pris l'un de l'autre. Ils se férirent de telle manière que leurs ecus sont brisés et les haubercs faussés et défaits. Voilà Drogon du coup mort et fini *, avec une aune de la lance de frêne dans le corps, la pointe et le gonfanon sortant de l'autre côté. Thierri se détourna heureusement : il eut son écu et son hauberc cousus ensemble par la lance de Drogon, mais Dieu le protégea, et il ne fut pas touché en chair. Drogon se retire vefs les siens qui sont désolés, et voici Thierri hors de la rivière et dans la plaine ^. Leurs échelles se joignent avec tant d'ardeur que vous eussiez vu trouer les ecus, ouvrir les poitrines, couper lestétes armées du heaume, abattre pieds, poings, oreilles. La claire eau de l'Arsen en était couverte, et devint rouge du sang des morts. Les hommes de Drogon avaient bien disposé leur attaque. Si leur seigneur n'était mort, ils étaient sauvés! Thierri se voit perdu : de vingt mille hommes, il ne lui en reste pas mille. -tSi. Manceaux, Angevins etTourangeaux^étaient auprès de Charles au nombre de vingt mille. Les blancs hauberts vêtus, les heaumes lacés, la tête baissée, ils marchent dis-

1. Oxï, veil chamnesit, P. (v. ig38) vUh eau muât. Une Intcrpréiatioa toute différente de ce passage, mais évidemment fautive, a éié donnée par M, Bartsch, Yoy:'Romania, IV, tïi. M. Chabaneau i.Rev, dit langue) romanes.yillj laSj, prend chou ou eau pour caput, ■ tttc blanche •, mais eau, de eapul, serait une forme bien exceptionnelle du» ce texte.

3. Pu tout i itât mort, car on va le voir s'en retourner avec ses hommes.

3. Il avait, parait-il, traversé la rivière d'Arten, après ion combat singulier avec Drogon.

4. Toloignaj Oif., plus loin, | i55, Toloignac, P (v. 1966] Toron-

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posés au combat, ardents comme des veautces tenus en laisse. Le comte Joffroi leur seigneur les guide. Ils traversent les gués de l'Arsen ; après eux passe Charles avec ses barons. Girart, Tout entier au deuil de son père, n'en sait encore rien, lorsque Fouque lui parle en homme sensé : « Par » Dieu! Girart, laissez le deuil, puisque le duc est absous » et communié : quand ce sera possible, vous le vengerez! » Alors, il monte à cheval, et, s'appuyant sur une lance neuve, il se tourne vers les siens, et leur dit : < Faites paix! Sei- » gneurs francs chevaliers, écoutez-moi. Quand vous serez

> dans la mêlée, frappez, tuez, renversez tout, jusqu'à ce a que vous ayez traversé les rangs ennemis, et alors retour- ■ nez tous ensemble sur eux : Prouesse vaut mieux que lâ-

> cbeté! > Et ses hommes répondent : « Qu'avez-vous à

> nous prêcher ! Mais allons les attaquer de toutes parts. » Alors la bataille devint acharnée.

1 53. fioson, Fouque et Seguin et les plus vaillants furent plus de vingt mille à la charge. Vous auriez vu briller tant d'or et tant d'argent, étinceller tant d'acier et de vernis ', et tant de lances aiguisées ornées d'une flamme ', tant de damoiseaux habiles à l'attaque t Ensuite ^ sont venus d'autres combattants 4, Pons, Ricart, Coine, les guerriers. Girart chevauche avec ardeur ; Odilon, son oncle, le suivait à courte distance. Dans cette arrière-garde ils étaient, je vous le garantis, soixante mille combattants, qui savent pousser à fond une attaque. Chacun, voyant son ennemi, lui court sus et le porte à terre. Girart chevauche avec fureur contre Charles Martel l'empereur. Charles vient à lui fièrement. Voilà une première rencontre qui tera douloureuse.

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