Arlio de Valendese P. (v. 2098J
6. Btresc Oif., varesc P. (v. 1101}, < chaume b, selon Raynouard, Ltx. rom., (El, 413, d'après cet unique exemple, explication sans valeur.
92 GIUART Ut: ROUSSII.I.ON
chant par le pré (?) it cherchant l'occasion d'un exploit chevaleresque; Et s'il ta demande, il l'aura belle. Voici au devant de lui Rotrou, le sdgneur de Nivelle* : il frappe Fouchier sur la targe aux rayons d'or, la lui (end et en enlève un côté, mais le haubert est si fort qu'il ne rompt point. Fouchier le frippe à l'estomac, lu! perce le cceur sous la mamelle et le jette à bas de sa selle. Puis il crie aux siens : « Frappez ! qu'aucun des hommes du roi ne nous échappe) »
tôo. Baudouin le flamand voit comme Fouchier leur a abattu Rotrou, le vaillant comte; il court férir Conon, guerrier lombard né dans le désert de Brun-Essan ; il lui donna sur l'écu un tel eoup qu'il en enleva ut| quartier et que la lance passa d'outre en outre. Il l'abattit mort du cheval gris. Ah Dieu! quel}e perte pour Girartl- Voici qu'alors arrive Fouque, mais il est venu' trop tard; pourtant il le vengera.
i6i. Fouque vint en gal<^nt â la rescousse; il ne poursuivit pas Baudouin, qui se déroba, n'ayant pas honte de' fuir, li frappa Helluin de Boulogne, et lui porta un tel coup sur la targe cerclée d'or qu'il lui faussa le blanc hau> bert et le jeu mort de son cheval gris. Les hommes de Cologne chevauchent en bataille, Charles vient avec ses Saxons, ceux de Trémoigne ^. Ceux-là feront une lutte acharnée.
162 4. Odîlon vînt i Girart pour l'animer : c Par ma foi, » cher neveu, tu as un cceur bien timide! C'est Charles, que » je vois descendre de la montagne ! Fouque et les siens veuy> lent l'attendre ; mais, si nous n'allons à son secours, nous » serons battus. » Et Girart répondit : a Merci, cher sire; je » considérais le lieu oCi je veux les prendre. Ils ne se formen ront plus en ligne, car je vais en finir avec eux. » Il des-
j. Verjele Oxf., var'eta P. (*. iii5l, cf. Du Cange, verceillum. a. Rolrieu que tenc Niela P. (v. ai 18.)
3. Nom qui reparaît dans pluiieurs chansons de geste; c'est Donround, en Wesipbalie.
,^. Laisse qui manque dans P.
GIBART DE R O U S S [ L I. O N gS
cendit du perron ', prit ses armes, sonna un cor d'ivoire pour avertir les siens, et chevaucha devant tous avec l'air d'un guerrier qui va au combat.
i63. Or chevauche Girart avec ses amîs, avec des compagnies venues de pays éloignés. Ils ne portent en bataille ni vair ni gris, mais des bltauts foncés et festonnés, et par dessus du fer et de l'acier qui reluit, de l'azur et -du vernis qui resplendit I. C'est Girart, Fouque, Boson, toujours prêt, Pons, Ricart, Coioe et Otols. Ils sont quatre cent mille, le bref 3 le dit, endurcis et ardents au combat, la tête inclinée sous le heaume. Ils attendent que Charles les attaque, et ainsi fera-t-il avant peu, ils le savent bien. Du haut d'une colline, près d'une brèche, descend Charles Martel de Saint- Denis, avec lui les Bavarois, les Saxons, les Letis ■*-, les Allemands, les Lorrains, vaillants. Thierri, duc marquis, portait leur enseigne. 11 les conduit par la campagne âeurie, et tel était leur nombre que l'homme le plus habile n'aurait su l'estimer. A l'abaisser des lances, il n'y eut pas un mot de prononcé, mais onques depuis lors il n'y eut tel deuil.
164. Là oti les deux lignes se rencontrèrent, pas un ne retint frein ni étriers, et on frappa pour de bon. Fouque et le comte Girart étaient au premier rang, avec eux les Allemands et les Désertois, ceux de Montbéliart et de Vaubenc, Renier et Oudin les fîls d'Ardenc. C'est maintenant que frappent Provençaux, Viennois, Navarraîs, Aragonaîs.... i, et de l'autre part Bavarois, Saxons, ceux de Cologne, Normands, Français, Flamands; ils frappent devant eux comme ils se trouvent ; l'écu ne vaut pas pour celui q'ui le porte une
i.Voy. ii55.
a. Le fer et l'acier de» hauberts, l'azur et le vernis des bouchers.