‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 224 sur 406 · Alitred'Atages · texte numérisé non relu

Alitred'Atages

4. Reis de soudpj Oxf., reis de solo* L., reidissopdas P. (t. 33i4)i je ne saie ce que cela veut dire.

g8 GIKART DE ROUSSILLON

* un accord si désavantageux >, sur le champ mênae où B j'ai éprouvé une telle perte ! Mais avant [que j'y consente], 0 l'un de nous s'en retournera plein de honte! »

174. Or parle Tibert après Gamier, en baron qui cherche la paix; il s'abstient de toute parole orgueilleuse ou blessante : <t Girart, prends conseil avec les tiens. Je vois ici s Fouque, ton conseiller, Landri et Henri et don Auchier. n Hé! francs chevaliers, inspirez -lui de bons sentiments ea- » vers le roi, car si le tort reste de votre côté, à nous l'avani tage! — Il faut prendre conseil, ■ dît Landri. « Là-bas » sur la rive, au pied d'un arbre, gît blessé depuis hier le » comte Odilon. Onques ne vis-je baron si entendu, si sage,. « si preux, si bon guerrier. Comte, va lui demander conseil, B et ce qu'il te dira fais-le volontiers. >

175, Girart va demander conseil à Odilon ; avec soi il mena Gilbert et don Fouque, Landri et Henri et don Guigue. En bas, sur la rive, en un champ, gît Odilon sur un paile de ciclaton ; il prie qu'on lui dobne l'ordre de saint Benoît », lorsque viennent ses fils et les barons, et Girart qui s'agenouille et lui dit - « Oncle, je te requiers conseil, 9 donne-le-moi bon, et tel qu'ii ne m'apporte point honte ni » déshonneur. Charles me propose accord et pardon : il m'a 0 envoyé Tibert de Vaubeton, et mon cousin Garnier le fils » Aimon. — Beau neveu, j'en rends grâces A Dieu : c'est uae » lionne parole, et sans reproche puisque Charles en a eu la n première pensée. Accorde-toi de bonne grâce, sans débat. ■ — Moi! comment aimerais-je un roi aussi félon, quand il a > pour conseiller Thierri qui m'a tué mon père, le duc Dro-

I. Remarquons pourtant que le« messagers de Charles n'oat indiqué

1. On sait combien était fréquent l'usage de revêtir l'habit monastîqueau monient de la mort. Salnte-Palaye a recueilli à cet égirJ diven lémoignages dans ses Atémoîrei sur l'ancienne chevaierie, note I2 àt 1-1 cinquième partie (<£dit. Nodier, I, 385-Û,\

GIRART DE ROUSStLLON 99

D gon, et tot aussi! Jamais jt ne ferai iiommage ft Charles

> de rien qui soit mien, sinon qu'il me fasse de bonnes con-

> ditioDS et chasse Tbierri de son royaume! — Je ne te ferai

> pas un long sermon, » dit Odilon, » si tu veux suivre » mon conseil, tu ne seras pas blâmé ni accusé de trahison D envers ton seigneur lige ; et après ma mort, crois mon fils s Fouque, qui ne te donnera que de bons conseils.

176. — Je ne croirai conseil que l'on me die, si d'abord D Charles nechasseThierrïetles siens; si ensuite il ne me fait

> droit de sa trahison quand, àtort, il a pris et saisi ma terre, B tué mon père, détruit mes gens. S'il ne me fait un tel ac-

> cord, jamais il ne sera mon seigneur ni moi son homme t

177. — Neveu, n répond Odilon attristé, t tu as peu de • sens et fol jugement' Depuis que Dieu mis en croix reçut 1 le martyre, On n'a point vu si grand malheur arriver par » un homme, ni journée si meurtrière. Tu en as [sur la » conscience] un péché plus grand que je ne saurais le dire,

■ qu'on ne pourrait le conter, que clerc ne saurait l'écrire. » Tu ne peux nier ni escondire ' que tu sois l'homme lige

> de Charles ni qu'il soit ton seigneur. Tu ne peux donc D le défaire en bataille sans forfaire ton fief. Maintenant vous

> ne m'entendrez plus parler de ce sujet. Je désire l'ordre de

■ saint Benoît et de saint Basile; pensez-y.> Girart l'entend, de douleur il soupire.

1 78. — Seigneurs >, dit Girart, < je ne sais que faire. Com-

■ ment ro'accorder avec le roi de France, qui m'a enlevé ma » terre et tué mon père? d Gale de Niort répondit le pre- >> mier : a Que Charles fasse droit le premier, lui qui a le » tort de son calé, d'après le jugement du comte de Mont-

I. Terme juridique, uns équivalent dans la langue actuelle, qui lignifie te justifier d'une accusation par l'une dfs preuves judiciaires en usage. Escondire a dté vers le xv* siècle corrompu, par suite d'une &utK écymologie en a éconduire », et a pris peu à peu, depuis lors, le seas de a conduire au-dehors ■ indiqué par l'étymologie qu'on lui supposait.

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> fort OU d'un autre baron qui ne soit pas partial envers

> lui I. S'il refuse, c'est qu'il dédaigne ton amitié. >

179. Alors se leva et parla Landri : s Gale, ce que vous D dites semble folie. Tous les sages de Rome et de Carthage, n les sept juges... » ne pourraient juger le droit ' pour de B telles pertes. Jusqu'à la mer, il n'y a baron chevalier d'au- 1 cune famille qui n'ait perdu quelqu'un des siens. Mais n puisque Dieu nous mit dans l'esprit l'idée d'un accord (?) » la faisant apparaître par des signes visibles 4, puisque n Charles te demande ton amilîé par ses messagers, gardons-

> nous de répondre une parole hautaine, dure, outrageante. » Girart est devenu son homme ligei j^ fi^^ présent à l'hom-

> mage, quand il prit de lui en fief sa terre héréditaire. Il B reçut alors amitié et seigneurie '.Que maintenant le comte 1 rentre dans son hommage, que le roi lui ' rende toute sa I terre dans les conditions qui furent réglées lors du mas riage ^. — Voilà bien parlé, n dirent les sages, ■ c'est un » homme de grand sens et de courage, s

1 80. Girart entend qu'il est blâmé par ses barons, et voit que son oncle est irrité. Il se place debout auprès de lui : » Oncle, merci pour Dieu; ne vous irritez pas. Je ferai vrai-

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