Anséis de Narbonne * parla en baron : n Sire roi
I. Raimbaut, roi de Frise : voir d-aprëg J 199. H est le héros de traditions qui ne nous sont parvenues que fort incomplètes, voy. G. Paris, Hist, poétique de Charlemagne, p. 293.
a. Cf. î 99.
3. D'après P (v. iSgi) ; Tenar^, OjS. et L., ne me rappelle rien, Ernaut de Girone, au contraire, est un personnage épique qui figure comme hfros principal dans un poCme latin dont un notable fragment, mît en prose, nous a ix& conservé : le fragment de la Haye; V07. G. Paris, Hist. poét. 4e Charlem., p, 84. Le même personnage est mentionné par occasions en diverses chansons de geste, par ex. dans Aliscans, éd. Guessard et de Montaiglon, w. 214°, 4i35, 4g33, dans Gaufrei, V. 114, etc.; voy. aussi mes Recherches sur l'ipopée française, p. î4eti5 fou Bibi. del' École des chartes, t, 111, 52). Laleçon fm^uf étant adoptée, il devient nécessaire de traduire le Gironde du texte par Girone, et non, comme plus tiaut, J 190, par Gironde.
4. Anséis est, commebjnaul, un personnage épi i)ue (voir mes Recher-
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» aucun de nous ne te devrait aimer. Croyez-vous que mal » agir vouf fasse aimer? Nous ne sommes pas des Anglais » d'outre-mer ' t Quand tu alas en Espagne à la tête de ton » armée, où je portai ton enseigne pour guider, tu m'as » laissé dans le pire lieu que tu as pu trouver, à Narbonne, » me chargeant de te la garder. Là m'assailleat les païens » d'outre-mer : ils m'ont fait clore et terrasser mes portes >. » Vous n'auriez pas été assez preux, assez fort guerrier pour » venir de France me secourir. Je me tiendrai avec Girart, si » Dieu me protège I » Et le roi fut si affligé qu'il ne sut que faire, mais il demande son cheval et monte.
194. Lâ-deSsus, Charles est monté pourporter secours. Jamais un roi n'eut si grande valeur. II envoya ses messagers tout à l'entour, et manda ses barons et ses vavasseurs. En quatre jours, il en eut quinze mille, qui se joignirent à lui à Tours, 11 envoya pour Girart en ce besoin. Ce fut orgueil, félonie et malveillance que sans lui il commença la grande bataille, et pourtant Girart en eut l'honneur.
ches, p. z5, noie z), maU, d'aprè» la chanson qui ponesonnom, c'est l'Espagne, et non Narbonne, quf lui est confiée par Charlemagne. Le discours qui est ici placé dans la bouche d'Anséis conviendrait donc mieux à Aimeri de Narbonne, héros bien connu des chansons franjaises de Guillaume au court nez, La le$on Ansels (qui manque au ros. P. où on lit simplement Ducs de Narbona, v. 2599), semble la répétition du nom du comte Anséis que noua venons de voirparler le premier dans le conseil de.Charlcs. Je suis donc porte à croire, contrairement à ce que i'ai dit dans cats Recherches II. IJ, qu'on peut corrigera Aimeri de Narbonne n, quoique plus loin (ms. de Paris v. 4193 cl 4112) Aimeri âgure au nombre des vassauxde Girart, et non, comme ici, parmi ceux de Charles.
!.. C'est-à-dire : nous ne sommes pas, comme les Anglais, protégés par la mer contre les Sarrazins.
2. En cas de siège, on obstruait Ui portes par des terrassements, voy. Du Cange lerralus. Cette opération fut faite en 1202 par les babiiaols de Mirebeau, assiégés par le roi Jean~sans-Terre, Bouquet, XVin, gi); en 1340 par ceux de Tournai qu'assiégeait Edouard 1(1, voy. Froissart, éd. Luce, IL zii.
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195. Ce fut dans les brillants et longs jours de mai, à la belle saison, que Charles livra bataille pria de la Gironde aux païens d'Esclaudie ■, une gent blonde ; il y avait aussi des Atiicaîas, noirs comme l'hirondelle. S^uran de Syrie, à qui est Mappemonde *, conduit cette gent que Dieu confonde I De ces païens mauvais il y a un tel nombre que Charles n'y voudrait pas être pour le monde entier. Il ne trouve personne qui réponde au cri de son enseigne, quand le comte Girart débouche de Vaupréonde, portant lance acérée et tirge ronde. Sa premièrt échelle et la seconde abordent ensemble l'ennemi. Alors la bataille fut si acharnée, que l'eau est rouge du sang qui coule vers la mer ^.
1 96. Jamais vous ne viles roi aussi désolé, quand Girart le comte aborda l'ennemi. Jamais je ne vis baron si preux, si dur, ni si grande prouesse de comte. Tout le jour ils se battent jusqu'à la brune. A la nuit tombante *, les Turcs sont vaincus, les païens et les Africains du roi Seguran, et aucun n'échappa sinon par la fuite.