‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 231 sur 406 · D'après P. |v. 1641); a à l'aube apparaissante » Oxf. L · texte numérisé non relu

D'après P. |v. 1641); a à l'aube apparaissante » Oxf. L

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est revenu du combat, avec lui mille chevaliers de ses privés, qui ont perdu leurs lances, et ébrécbë leurs épées; ils les portent nues, ensanglantées; elles ne rentreront au fourreau qu'après avoir été lavées, fourbies avec un linge et essuyées. Par le conseil de Fouque, qui est plein desagesse, le butin entier fut présenté à Charles, et celui-ci dit : < Comte Girart,

■ prenez le tout, et le distribuez à ceux de vos hommes que B vous aimez le mieux. Par vous, comte, je serai estimé, « respecté, craint et redouté, et, à moins que vous ayez du

■ ressentiment pour moi, je vous aimerai plus qu'homme « au monde. — Et moi de même, » dit Girart, « s'il vous » plaît. » Leur amitié n'eût jamais été rompue, sans Boson d'Escarpion, qui les a divisés. Ce fut son malheur et son péché, car par suite il en mourut, et Girart le comte fut déshérité, son chateau détruit et ruiné.

198. Si grande était l'amitié de Girart et du roi, que celuici l'emmena avec lui en France à Saint-Remi. 11 lui dît tous ses secrets, tant il l'aime et se âe à lui. Désormais Girart peut faire en France le tort et le droit. Il n'y a si puissant homme, dès qu'il s'élève contre lui, qui n'ait forfait sa terre et son pays : on la donne à Girart le riche marquis. Le comte fait à son gré justice de tous.

199 '. Le comte et le roi sont si bien ensemble qu'il n'y a baron en France ni en Vermandois, en Berry ni en Auvergne ni en Forez, s'il a commis tort ou déloyauté envers Charles, qui n'ait forfait sa terre et son pays. On la rend A Girart le riche marquis. Ainsi dura bien leur entente soixante mois, sans.que Girart fit au roi rien qui lui pesât; bien au contraire il se battit pour lui contre trois païens, et lui soumit de vive force Raimbaui le frison '. Le terme est arrivé qu'il a im-

I. C«ne laisse ei la précëdente, Tune en eiet l'autre en eif, devaieni originairement n'en former qu'une. ,

1. Rabeu le frets Oif., Robrieu lo fret Paris, manque dans le ma. de Londres. L'identification que je propose, Rambaut de FrÎM (vojez ci-dessua, p. io£, note 1), est conjecturale.

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posé à Thierri t et Charles lui demanda merci pour son duc. Et Girart lui pardonne tout ce qu'il a forfait. Alors, sans retard , fut mandé Tbierrî à Saint-Denis en France ; Giran y fut. Ce fut un malheur pour le duc, d'être retourné en son pays, il en mourut par un véritable meurtre ; et ce fut félonie et déloyauté.

300. Charles manda sa cour, et elle fut grande : composée de barons lorrains, allemands, tiois, de français, de normands. Tfaierrid^Ascane, revenu de l'exil, y était, le sage, le droiturier, le vieillaAI aux cheveux gris, qui jamais n'avait prononcé un jugement injuste, à son escient, ni reçu de loyer la valeur d'une paire de gants. Il était accompagné de ses deux eafants : Girart les prit pour ses hommes et ses recommandés. Ce jour-lâ Boson les occit en traître. Ainsi recommença Fini* mîtié et la lutte et la guerre mortelle pires qu'avant.

201. Le duc est revenu du lointain exil, du sommet de la montagne de Mont-Causil ^. Charles manda sa cour à Méravil 4. Boson et Seguin et leurs damoiseaux s'y rendent : si les pÈres ont eu guerre, les âls l'auront à leur tour. Boson coupa la tête à Tbierri, et par U recommença ta guerre. Mille hommes en moururent en une plaine, et dix charretées de lances en furent brisées en une mêlée, et Charles en fut poursuivi à travers un champ : sans le château de Roussillon, il était mort 5.

202. Vous avez ouï la guerre de Charles et de Girart de Roussillon, comment Boson d'Escarpion la causa en donnant

I. Le lenne de cinq aos dont il i éié parlé plus haut, { iSg. 3. a. ÎI12.

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