‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 235 sur 406 · Un messager m'est venud'Avalon, [m'annonçant · texte numérisé non relu

Un messager m'est venud'Avalon, [m'annonçant

■ que ce soir Girart se dirigera du côté de Dijon [et doit » passer par Roussillon ^). Je mettrai mon embuscade â' i Clarençon ^. Que Boson entre à Escarpion, que S^uin B s'en aille vers Besançon, que Fouchier s'en retourne vers » Montargon [ou que Girart entre i Roussillon], sur le » premier de tous ^ que Dieu m'abandonnera, je prendrai Is » vengeance de mon oncle. > Et Charles répondit ; ■ Je te

■ le permets. » Ce fut la parole qui fit tout le mal.

ai5. Aimon, Aimeri et Andefroi montent aussitôt avec la mesnie du roi. Ils furent quatre cents, tous français, embus-

i.Cf.g 104.

a. Cf. î 107.

3. L'un det trois neveux de Thierri ; on ne dit pu lequel. P. (vr. iHio-i) a corrigé cette négligence en metUDt les verbes au pluriel, ce qui l'entratne à un changement arbitraire à la rime du v. aSïi.

4. ici et deui lignes plus loin, ce qui eat entre [ ] ne «e trouve que dans P. (vv. 1837, 284a.)

3. Valajtço P. (v. »838.) 6. Des trois, selon Oif. et L. qui ' Seguin et Fouchier.

GIRART DE ROUSSI I. LON [l5

qués dans les bots épais d'Escarpion. Ils mirent pied A terre ' en dessous du chemin et y restèrent toute la nuit jusqu'au jour. MaisGirart n'y passa point ni personne envoyée par lui, ni Boson d'Escarpion, ni aucun des siens. Les hommes de l'embuscade remontèrent à cheval sans avoir rien fait. Girart L'apprit, et j'ose dire qu'il en fut irrité. « Le roi », ditil, 1 me jette hors de sa fidélité ■, lorsque, sans m'avoîr détîé, » il m'a dressé une embuscade! »

216. La nuit se leva le marquis Fouchier ; avec lui il mena douze ' valets. Il les fait vêtir de peaui, comme des garçons, et se rend à Paris. La nuit venue, ils montèrent dans la salle [du palais du roi] par les escaliers, pénétrèrent en la chambre 3 voûtée, sous le toit, et enlevèrent à Charles de grandes richesses. Ils emportent trois cents hanaps de l'œuvre du roi Çalomon 4 et le heaume et la broigne de Meiron ^ que le roi Alexandre prit aux Turcioas ^. La nouvelle en fut contée â Charles, le matin comme il venait de faire ses oraisons. Et Charles jura par le Dieu du ciel qu'il détruirait les lâches, les misérables, et queOirart nommément et ses brigands, s'il ne lui rend son avoir et les voleurs, perdrait Val-Nubie? et Besançon.

217. Charles revient de prieravant le lever du soleil; après avoir oui la messe à Saint-Marcel ^, il est rentré dans sa chambre voûtée qui est ornée de marbre jaune, blanc et ver-

I. Au leni du droit féodal. Ceux-là sont dans ta fidélité du roi qui lui ont prêté le serment de foi, qui, en retour, lie la partie qui le refoît. î. loo aelon P. (V. a86o).

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