Cf. i aog
GIRART DE ROUSSILLO I I7
320. Le premier qui prit Is parole fut un comte, don Emois : I Sire roi, pourquoi mentirais- je 7 Boson d'Escar-
■ pion a tué Tbîerri ; mais, si Gîrart n'en a rien su, n'a pas » été de connivence, s'il peut, comme un homme sage, s'en
V escondire, il ne doit pas perdre une aune de sa terre, — Par mon chef, > dit Charles, « puissé-je l'entendre parler
■ ainsi ! Je ne lui demande rien de plus que de se défendre,
> mais il ne le pourrait faire, pour tout Paris! — Alors, » reprend l'autre, a je n'ai plus rien à ajouter, et je m'en tiens » à ce que j'ai dit.
32 [ . — Conseillez- moi, barons, pour l' amour de Dieu. Il
■ s'agit de Gîrart qui m'a trompé, de Girart qui naguère 9 avait pour moi tant d'affection. Comme je ne me défiais » pas de loi, il m'a fait cette honte, ce déshonneur, de tuer
> Thierri d'A.scane, le meilleur de mes fidèles, à qui moi et
> mes frères avions donné notre > so£ur. C'est pour cela que » je vous demande conseil, seigneurs. Puisqu'il est un tra!n tre prouvé, je ne lui laisserai pas un cbdteau, pas une » tour; il ne lui restera pas, si je puis, une maison de sa » terre!
222. « Je vous en prie tous qui êtes ici présents, pour s Dieu ! qui sait conseil me le donne, au sujet de Girart , ce » comte de KoussiJlon, qui, le jour oh il avait mangé en ma » maison, prémédita la mort de mon baron, la trahison à M laquelle succomba le duc Thierri, tué en ma cour par les » mains de Boson. Il n'y a en ma cour chevalier, brave ou » lâche, bon ou mauvais, que je ne prouve mauvais et félon
V s'il ma donne un démenti I »
223. Le premier à prendre la parole fut Arman de Beautnoncel ' : il parla en jeune homme irréfléchi : r Sire, je ne
n à qui j'avais donné ma sœur, n Le vers manque 1 esl un nom de lieu qui existe dans le C«lvados,
Il8 GIRART DE RO>USSILLON
u m'^tonoe pas si Girart vous trompe. Son père et son aïeul D furent toujours félons '. Mais mandez votre gent jusqu'à n Clarmel ', de Guiterne en France jusqu'à Creil, et qu'ils n chevauchent tous ensemble. S'ib rencontrent un château » en plaine, qu'ils l'atcaquest incontinent. Amenons là tant » de jeunes damoiseaux que le champ en devienne rouge de u sang. Et qui trouvera Girart, ne perde pas de temps, n mais lui coupe la tête, au-dessdus des cheveux! Puis, qu'ils A aBlent loger & Mont-Espel ^, qu'ils lui enlèvent Roussillon Il et Saint-Maurel. Tu ne feras pas la paix, si tu veux m'en » croire, jusqu'à ce que tu l'aies écrasé, lui et Amel 4.
224. — Je sais bien ce qu'il y a de mieux i faire ', » dit Charles. « Je ne sais quel sera le [dernier] jour de moi ni de « Girart, mais voici que mai viendra après le temps de Pà- » ques, que l'herbe aura poussé au-dessus des fleurs ; alors B nous verrons ce que sauront faire ces vantards pour prouver
> leur vaillance, la mesnie de GîrarC aux chevaux rapides et n bons, coureurs. Moi, j'ai telle confiance en Dieu le roi des
> cieux, que si nous nous rencontrons en plaine, les nôtres » et les leurs, c'est eux qui trembleront devant la mort. »
235. Âlon de Vaubeton, le fils de Tibert, fut présent au conseil. 11 se leva, car c'était un chevalier qui parlait bien et savait donner bon conseil à qui voulait l'en croire : « S'il est
> vrai que Girart a mené ici Boson, ça été pour lui unedoun leur que Boson eût tué Thierrî. Il n'en sut rien, il ne l'a » pas voulu, ni conseillé. Depuis ce méfait, il ne lui a pas
> donné asile. Girart doit-il donc périr parce' que Boson a
1. C'est la première fois que celte accuMlton fut portée contre Drogon, le père de Girart. Quant à l'aïeul de celui-ci, nout ne le connai*-
2. CarmelL., CalmtilhP. (v. 29^0), lieu que ie ne puis identilier.