Tirade omise dans L
4, Mol à mot «qu'il peut nouer en sa courroie », comme au J i3i.
1 40 GIRABT DE BOUSSILLON
375. Pierre, entendant ces mots, se sentit le cœur irrité. Il avait la prestance d'un empereur, le regard'd'un léopard. 11 parla comme fit le comte Bernart, celui qui fut élevé par le duc * Berart : • Je vous dirai une cbose, Girart : ne faite
> pas commç fit le vieux Foucart, un comte félon de Saint-
■ Médard , qui trompa trois seigneurs ^t encore un qua-
■ trième, mais ce dernier lui donna enfin sa récompense en
• lui enlevant sa terre. Je vois ici Auchier et don Guiuart, » Armant le duc de Frise, et le comte Acart ' ; il n'y a parmi < eux si preux ni si vaillant, que je ne sois prit â combattre
> avec lui. On n'a pas le droit de qualifier le roi de trompeur.
> 11 ne saurait en aucune manière rien machiner qui pût
> mettre un homme se rendant à sa cour dans le cas de se
■ garder de lui.
376. Don Boson, lorsqu'il entendit ces mots, fut saisi de colère. Il ne put supporter d'entendre Pierre parler ainù. II jura le nom de.Dieu, le glorieux, que Girart et sa mesnie étaient des lâches, si Pierre, cet orgueilleuit, s'en retournait librement. Pierre répondit avec douceur, cornme bon guerrier sage et expérimenté : 1 Que.dites-vous, sire co;nte? Calmez-
> vous! il ne convient pas qu'un si puissant comte ait tête
• légère et sens d'enfant. Par le seigneur Dieu qui règne - ' au dessus de nous, je me soucie de vous et de votre orgu«I
> comme d'un bout de bois. Si nous étions tous deux dans >' les prés, lâ-bas, vous brûlant de vous battre, pourvu que
> nous tussions seuls, jamais vous n'auriez été secoué comme
• vous le seriez. ■ Sans' Fouque, Boson allait se jeter sur lui.
277. Boson, à ces mots, devint furieux. La colère lui fit pousser un soupir. H se leva de la place ob il était assis, et voulut se précipiter sur Pierre, mais Fouque, son frère,
I . D'après P. iv. 3663) ; u le roi u Oxf. ; le vers manque itsns L. Il est fait ici allusion â des personnages qui me sont inconnut, z. Ancharl P. (v. 3Cijt\
GIRART DE ROUSSILl.OK [4I
courut l'arrêter. Soit orgueil, soit colâre, peu s'en Fallut qu'il ne Ht une grande folie.
378. Pierre, irrité à son tour, lui dit : • Sire comte, vous « m'avez fait voir de quoi vous êtes capable ; peu s'en est
> fallu que vous ne m'ayez frappé, mais Dieu et le comte
# Fouque m'ont protégé. Tu as outragé le roi Charles, et
> fait plus de bonté encore à ton seigneur, quand ainsi, » sous ses yeux, tu m'as assailli. Mais n'allez pas croire que
> le roi l'o.ublie ! Vous ne verrez pas le mois s'écouler sans
* qu'i) conduise sur vous cent mille hommes. *