‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 256 sur 406 · Boson s'irrita et dit à.Pierre : t Don Pierre, si vous · texte numérisé non relu

Boson s'irrita et dit à.Pierre : t Don Pierre, si vous

> n'étiez pas envoyé en ambassade auprès de mon seigneur,

• et si Fouque, mon frère, ne m'avait retenu, je vous aurais

* donné un tel coup par le visage, que les yeux vous seraient » sortis de la tête. Que ton seigneur et toi soyez bien cer- » tains de ceci. Le temps où lesprés fleurissent ne se passera » pas sans que nombre de bons chevaliers soient occis, tués » ou pris du premier coup par mes armes. » Pierre le regarda et se mit à rire ; « Que savez-vous, don comte, si » vous en sortirez vivant, s'il sera alors question de vous?

• Mont-Amele ', bâti en pierregrise sur la roche, n'est pas si » haut perché qu'on ne puisse faire tomber la peinture et le » vernis [des boucliers]. Des plus forts chevaliers de la » garnison, des plus preux, des plus renommés que vous

> aurez, le sang coulera, jaillissant à travers les hauberts, et » je me proclamerai mauvais et indigne si cela n'a pas lieu

> avant la hn de l'été. ■

280. Don Boson d'Ëscarpionse leva ; la colère le fit parler . « On a la tête pelée, quandoon'aplusmal aux dents >. C'est

I, Lieu fortifié appartenant à Girart et dont il sera question plus liM a encore (iJ 3otJ-ii).Je ne rÉJSsis pas aie retrouver dans la aomen~ clature moderne.

1. Peil pelant es cau{ cui dans lui dol Oif. ; Pel a petan e sane cm deita no dol P. (v. 373 1) ; le vers manque dans L. Je traduis comme s'il y avait Peil a pelant el cap ou et ^uc, et j'entends que quand on

M pour toi, Girart, que je dis cela, pour toi que le rot tient » pour fou. Car il t'a trouvé si faible, si mou, qu'il t'a » tué ton pér«, et l'enlève ta terre. Qu'il te souvienne de b » parole que dît mon grand-pére, quand il tua Elmon le u fils de Turol '. Laisse-moi pendre ce messager... ou lui n donner de mon ëpée par le cou, et tenez-moi pour mau- » vais si je ne lui enlève pas la tête. — Vous parlez toujours u en fou, " dit Pierre.

281. i Ce que vous dites, 1 dit Pierre, « je ne veux pas y » &ire attention I, car TOUS parlez comme un enfant. Vos » conseils sont par trop d'un jeune homme. Un chevalier * accompli doit être plein de sens ; il ne doit pas faire service » â son seigneur lige de paroles vaines ^. Vous n'êtes pas si M haut que mon seigneur 4 ne puisse, s'il le veut, vous foire u descendre bien bas. Vous ne m'entendrez plus, désormais, » disputer avec vous, n

28a. De Tautre part, se tenait le vicomte Seguin, qui paria â Pierre en homme sage : ■ Pierre, vous... * Onques cheva- » lier ni messager que le roi nouï ait envoyé ne nous dit » rien de tel. Ce sera grande mervdlle si tu t^ëchappes » vivant. Et, si tu y réussis, prends bien garde à toi ! L^été » ne sera pas tîni que nous serons à Orléans ou â Paris ; et n nous bloquerons la porte pendant trois jours, jusqu'à ce » que nous ayons saccagé les vergers, comblé les sources

n'a plus mal aux dents (c'est-à-diri quand on n'a plui de dents), ooest bien près de devenir chauve. L'idée serait que Gïrart ce montre tùMe, uns énergie. C'est très conjectural.

I. Allusion à un récit inconnu. Elmon Oif. et L-, Raimon dans P. ]'ai traduit maiol par o mon grand père d. mais ce peut £tre un nom

1. Sal ben entendre P. (v. 3741) est assez plat ; ne quen sendre Oxf., n'a ni sens ni mesure; L. n'a paa ce vers; je corrige ne quer emtendrg, 3. D'après P. La leçon d'Oif. et de L. me parait corrompue.

b. Oif. molt vos il faj ere do bù ; les derniers mots, pour moi inexplicables, sont confirmés par P. (v. 375i) mail i fiijetj era do bis.

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n et... '. Je ne Têtirai pas fourrure de gris jusqu'à ce que le . » roi se batte, à moias qu'il se dérobe, m

283. Pierre parla biea et franctietnent : « Seguin, cette » parole que je vous entends dire doit être mûreaient » considérée par le comte Girart. Le comte qui, à tort, dans a un moment de colère, engage une guerre contre sonseî' n gneuF lige, fait (qu'il y réfléchisse !) une action mauvaise et » félonne, orgueilleux des forces qu'il peut rassembler. Mais, » quand il voit un plus fort venir sur lui, trancher ses vi- " n goes, déraciner ses arbres, dévaster sa teriï, en faire un dé- B sert, quand il voit enlever ses châteaux d'assaut, enfoncer » ses murs, combler ses puits ', prendre ou tuer sa bonne » mesnie, Le conseil sur lequel il s'est reposé commence à » lui manquer, et ses barons se dispersent et s'éloignent. » Quand il n'a plus rien à donner ni à recevoir, alors il ne n peut plus faire la guerre ni résister plus longtemps, et, » pour un riche homme, c'est grande honte que de se reno dre (?). Pensez à ce que vous m'entendez dire, Séguin, » maintenant que vous êtes au moment de prendre une dé<

384. Fouque avait le cœur affligé, triste et gros. Il s'est levé d'un banc où il était assis : « Seigneurs francs cheva- » liers, je vous le déclare, je tiens Charles pour un juif % » d'avoir agi avec autant de légèreté à l'égard de mon sei-, » gneur. Sans lui avoir d'abord envoyé lettre ni bref, il a j> saisi sa terre et pris mon iief. » Les barons répondent : u II a agi avec trop de légèreté, et il le paiera cher, par Dieu! » avant que passe la saint Rémi *. n

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