‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 257 sur 406 · i"' octobre · texte numérisé non relu

i"' octobre

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ble ni fou, ni sot, ni .trompeur : a Fouque, laisse la colère et

0 la rancune; qu'il te souvienne de Dieu Je Rédempteur! » Homme qui s'irrite outre mesure est mauvais ; mais dooDc

» à Girart un meilleur coaseil, aSn qu'il fasse la paix avec ' i> Charles l'empereur. Qui n'observe pas la tidélitâ envers a son seigneur perd ses droits sur son Bef et sur sa terre, et, u s'il vient en cour, il y est honni. »

286. Le comte Girart les entend se quereller; il leur commande aussitôt de se taire : « Fouque, cessez désorœab » ce débat; il eSt vilain de faire ainsi des menaces de guerre. s On verra bien, lorsqu'on en sera â la chevauchée, qui fera » le mieux, qui sera le plus dur à la peine. Et toi, Pierre, » ainsi puisse Dieu t'aider! pas un mot de plus, mais pré- » pare-toi à partir sur-le-champ.

287. — Girart, vous n'avez rien de plus à mander â » Charles i — Si fait t s'il y consent, je lui propose un plaid

1 général, aval dans la vallée, sous Saint- Vidal. Je lui ferai » tout droit, si je lui ai fait tort, et que mon seigneur agisse M de même à mon égard. — Tout ce que vous dîtes, d reprend Pierre, a ne vaut pas un œuf. Que mon seigneur soit mau- » dit desaint Martial s'il ne vous enlève une citéd'ici àNoSi! a et, je ne le priserais pas un berger ', s'il ne vous donne pas » l'assaut jusqu'à la palissade. « Là-dessus il allait monter 2 cheval, quand Fouque lui dit : « Arrêtez ! nous allons par- M 1er d'autre chose. »

288. Gilbert de Senesgart et Fouque son frire, et Girart, leur cousin, qui était le plus puissant d'entre eux, se sont tous trois appuyés à un mur. Fouque parla le premier : u Par Dieu I cousin Girart, tu n'agis pas bien (?), mais fais » connaître à ton seigneur ta pensée ; dis-lui que tu lui feras » droit comme fit ton père, à condition qu'il te donne un o sauf-conduit jusqu'à sa résidence*. S'il se refuse à le doo-

I. Au moyan âg«, les, bergers sont le type de la simplicité, X. C'est l'idée déjà exprimée par Girart, à la Sn du { iSg.

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n ner, c'est cfu'il ne t'aime gufire. Ainsi, tu peux bien te dis- » culper envers lui. »

389, Fouque interpella Pierre en présence de Bémart : « Pierre, dites au roi, de notre part, que nous lui ferons u droit ppur don Girart, mais que, sans retard, il nous fasse » conduire en toute sécurité ■.

290. — Par Dieu !■« répond Pierre, b voilà une convenu tion que je n'admets pas. Le roi trouvera que c'est grand » orgueil de demander lïh sauf-conduit, quand je m'offre à » vous conduire'. Girart n'a rien à redouter s'il se met en 1) route avec moi, ni lui ni quiconque prendra place dans la » résidence du roi. Ceux qui donnent à Girart un tel con- » sell font preuve de folie, et moi plus encore quand je les n écoute. » A ces mots, il franchit le seuil, monta à cheval et se dirigea vers un bois.

291 . Pierre quitta Girart avec colère ; il avait bien accompli son message, à son jugement. Il se rend à Saint- Denis ob le roi i'anend. Charles a entendu la messe à Saint- Vincent. Pierre descend à l'ombre, au dehors.

292. Charles entend les matines : le jour luit clair. L'archevêque Hervieu dit la messe. Après l'avoir entendue, il sort et s'asseoit sur un fauteuil. Autour de lui prennent place les barons du pays, et il n'y en a aucun qui ne soit bien vêtu, qui n'ait peaus de martre ou robe de gris : « Sein gneurs, écoutez-moi, » leur dit Charles; ■ cette nuit je » n'ai pas dormi un moment, à cause du meilleur chevalier » que j'aie connu, Pierre de Mont-Rabeî, que j'ai envoyé là- » bas. Mais, par saint Pierre, si Girart fait tant que le B frapper, malheur â lui si ses yeux rencontrent mon vi- » sage I » Alors répond Gautier de Mont-Cenis, le perd de Pierre ' : ■ Je voudrais que Girart lui donnât un tel coup

t. Ici ceue la lacune de U a. Cf. ï î55.

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