Pat le duel
GIRART DE ROUSSI I. LON' i83
• ce ne soit avec ta permission qu'Aodefroi, Aimon et Aîn meri, que je vois ici, lui dressèrent une embuscade sous » Mont-Elei '. Pour cela, personne ne me proposera la ba*
> taille. J'y fus, je le vis et te blâmai. Et pourtant le comte
■ vous demande de lui rendre, par votre merci, son fief,
■ que vous acceptiez le droit. — Begon, » dit le roi, ■ ôte- « toi de ma présence. Je ne me fie ni à Girart ni à ses mes-
> sagers, et je lui mande par toi de ne plus m'en envoyer,
■ car, par saint Rémi ! je le ferais pendre. »
371 . Begon voit que Charles refuse, qu'il n'aime ni Girart ni les siens. Il répondit trois mots irrités : « Roi vous » avez mal agi, lorsque vous lui avez, de propos délibéré,
• fait dresser une embuscade, sans d'abord l'avoir défié,
■ quand ensuite vous avez saisi son fief avant de l'a- » voir cité au plaid. ■ Charles fut saisi de colère et, jurant par Dieu le tout puissant : « Si vous n'aviez pas ici
> de si puissants parents, ■ dit-il, 1 vous vous repentiriez
• d'avoir laissé sortir celte parole de votre bouche 1 Celui là » n'est pas mon ami, qui t'approuve. » Arbert et ses damoiseaus accourent et le jeltent de force hors de la tente. Ils le font par amitié pour lui. Begon monte à cheval, prend ses armes, et Arbert le conduisit comme son parent.
372. Après avoir quitté le comte Arben, Begoii passa la nuit dans un désert, sous le toit d'un saint ermite. De 1& il se rendit auprès de Girart, son seigneur. Et le comte lui demanda : i Que t'ont-ils proposé? — J'ai trouvé Charles B farouche et malveillant. Il ne te laissera plus de terre, il
■ a trop souffert par toi. — Avant cela, » dit Girart, i il
> aura la tête fendue. 11 n'a pas conquis là bas ' autant qu'il
■ perd de ce côté. Moi et les miens lui avons fait un ample s désert. D'ici jusqu'à la Lorraine, à Saint- Lambert ^, franc
I. Mont-Erbei P. (t. 4930'. Aucun de ces deux noms n'est niEntionné à l'endroii ûù il est parlif de cetie embuscade, g 21S. 3. En GaKogne. voir % 33i.
3, Saint- Lambert de Liège f
■ ni serf ne peuvent se montrer hors des murs '. « Là-dessus voici venir Fouque et don Gilbert.
373. Boson, Fouque et Gilbert se rendent au conseil et demandent : « Que' dit le farouche Charles? — Il dit qu'il » ne sera pas notre ami ni nous les siens, si tu ne lui rends s Roussillon paf la courroie '. — Avant cela, » dit Girari, « V^ura le chef rouge ^'. — Jamais vous n'avez vu roi si > hautain. Vous seriez à ses pieds qu'il ne daignerait même B pas vous faire un signe des yeux. Pour un peu, il m'eût I pris aux cheveux, quand Arbert et ses damoiseaux me I prirent sous leur conduite. Je passai la nuit sous un til-
■ leul ', chez un saint ermite,- veillant toute la nuit. Je » ne sais d'autre parti à prendre sinon que chacuti se pré- 1 pare, car le roi couchera ce soir sous Mont-Morel ', Sau medi, au point du jour, il sera à Civaux ^
374. • Au moment où nous nous quittâmes, il me fit une » figure irritée, quand je lui reprochai le guel-apens. Je » voulus prouver mon dire par la bataille, que tu ne l'avais « pas trahi, mais il me répondit une chose douloureuse : il a ra'a fait savoir, en tirant vanité devant tous, que les " meilleurs de tes hommes vont à lui pour les grands outra- B ges que tu leur as faits.
375. « Croyez-vous qu'il ne souffre pas, le chevalier qui s se voit lésé ', traité injustement par son seigneur, qu'il X n'en arrive pas à lui vouloir du mal, à lui souhaiter la
I. Sont obligés de rester enfermés dans les lieux fortifiés. ï. Oxf. correil, P. (v, 4991) toirtl, qui n'a pas de sens.