I" octobre. — i. Droit d'octroi
GERART DR ROUSSILI.ON 201
portier mauvais et endurci, faux'chrétien et plus félon qu'un juif. Il avait en garde l'une des portes : c'était son fief. Une fois encore ' ils l'ont livrée, lui et les siens. Il fit dire au roi par un émissaire déguisé en pèlerin, qu'il pouvait par lui avoir bientôt la porte. Ainsi il trahit son seigneur et perdit Dieu ".
419. L'épouse de Girart avait pour femme de chambre une vieille femme pleine de méchanceté qui prit les clefs de la porte et les donna au portier, son mari.
420. Le, traître était sournois, rusé et fermé. La" nuit était sombre : nulle clarté n'y brillait. Il sortit du chflteau par une ouveiture et vint au roi, lui disapt : < Je ne vous « trompe pas : je vous apporte la clef de l'huis de la tour. » Charles, à ces mots, se met en mesure : il prit le comte d'Angers'' et celui deClus; l'un avait mille chevaliers et l'autre plus. Ecoutez comme le gredin les guida. Ils cheminèrent si doucement qu'il ne se fit aucun bruit ; personne ne parlait à .son voisin, il n'y avait ni cbuchottement ni toux, jusqu'à ce qu'on fût au haut de la tour.
421. Quand ils sont dans la tour, ils crient : « Trahis! • tandis que d'autres appellent le roi en allumani un feu. Girart qui dormait se réveilla : il vit la clarté du feu et ouit te cri; il s'arma et monta â cheval. Ils n'étaient que quatre ensemble. Girart vint à la porte, l'ouvrit et vit au dehors tant de heaumes brunis ! 11 put sortir grâce â la connivence du duc Milon *,
I. Allusion i la trahiion par laquelle une première fois Roussillon ■viit été livré i Charles; voy. g 60 et suiv.
a. Sur l'eipression o perdre Dieu », c'est-à-dire l'espoir de la vie éternelle, voy. la Chanson de U croisade albigeoise, I, noie sur le V. 3475 ; cf. B. de Venladour En cossirier, coupl. 4 (Gtd. d. Traub., n-i.5).
3, Le comie Jofroi d'Angers, voy. p. 4:, n. 4, el cf. % 154; mais le suivant m'est inconnu. Cène peut âlre Amadieu de Val de dus (( 144). qui est tué au g 146.
4. Le Milon d'Aluî du } njr ou est-ce le duc Milon d'Aiglent sur
432. Une fois dans l'intérieur, les brigands se livrent au pillage et au rapt; ils ne laissent coupe d'or ni bon benap, ni paile ni étoSé rouée '. Le duc Milon prit le portier à part sous un sapin : « Tous tes parents furent traîtres, « lui ditil, et il lui tranche la tête, en disant : « Corrigez-vous de ce vilain défaut! »
433. A minuit, avant Theure oti chante le coq, fut livré le tort château de Roussillon. Les écuyers vont fouillant cryptes et cachettes; il ne reste croix ni châsse robe, ni froc, ni bon paile roué ni drap vieux ou neuf. Ils mirept le feu au bourg couvert en roseaux. Des lardiers et des greniers à blé la flamme s'élève jaune et bleuâtre (?) ; la charpente des clochers brûle et les cloches totqbent '. Le puissant comte Boson était couché en son hôtel; il fit fermer sur lui les portes, et s'arma à l'intérieur avec cent des siens. Quand îi fut en selle sur son bon cheval, il ne refuse le combat avec personne. Onqucs ne fut chevalier plus solidement bâti.
424. Le feu, le vent, la clameur- produisent un tel vacarme que jamais on n'oult pareil. Ecuyers et sergents, race vile et rapace, ne laissent à piller ni autel ni crypte. Don -Boson va les frapper dans le las. Qui il atteint est un homme
lequel voy. plus loin. p. ssi, n. 1: Cest en tout cas, un des hommes, de Charles, bien qu'on le voie, au | suivant, chaiier la irahisoo du
I . Etoffe orn^e de dessins en forme de roue ; voy. le voceb. de Danrel et Béton, sous rodât.
is le rêdi de l'incendie d'O'