‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 326 sur 406 · Parait déjà au g i3o · texte numérisé non relu

Parait déjà au g i3o

8. Le texte ajoute c loui l'aisselle n, mais c'est ti une cheville qu'on ne peut traduire, car il en rftulle un sen* qui s'accorde trop mal avee ce qui suit. 1

g. Trait fr^uent au moyen Age dans les descriptions de bataille :

Car lei lincei roidei et fon 'Lot méteni lr£i parmi le[*] cou Si qn'ei arjoin, devint lea telei, ■..or font eipandn le* bolelei.

{Caitlaume dt Paltrne, 1601-4; cf. 1067-8.)

10 Ici un vers, manquant dansP., que je n'entends pas : L'tseia t let romests lo «uni roment.

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• comie, Dieu le lui fasse payer! > Garin entend cette parole, mais il n'y fair pas attention ; il éperonne son cheval et va frapper Ponsde Mont-Artnant : il lui lendit l'écu, lui déchira le haubert, et le jeta mort à terre, de sa lance. Puis il dit : « Sire, voilà un coup qui paiera pour ma blessure! ■

4^4. Voici par le champ Tibert de Vaubeton. C'était un excellent chevalier, apparenté -à Charles. Il demande, par la bauille, le comte Fouque. Et celui-ci, quand il l'entend, se présente aussitôt, ils se frappent si violemment qu'ils se trouent boucliers et hauberts. Ils se renversent l'un l'autre sur la place, mais Fouque se releva et Tibert non ,

455. Là ou les Français s'alignèrent contre les Bourguignon*, il y eut douleur, massacre et rage. Vous auriez vu lant de lances rompues sur les boucliers, tant d'épées rompues bri&écd près des arçons, tant de damoiseaux morts, frappés à travers leurs hoquetons, ou la gorge tranchée sous le menton ! Là fut pris le convoi destiné au ravitaillement de Roussillon. Charles Martel s'enfuit par les champs, ayant H ses trousses deux cents gonfanons : vous auriez dit un chevreuil poursuivi par les chiens. Ce jour-là Charles n'eût pas donné ses éperons pour Orléans, pour Chartres ni pour Soissons, ni pour cent mille marcs de mangons '. Ce qu'il lui fallait, c'était un bon cheval et Roussillon '.

436. Le soir, Charles s'enfuit à Roussillon. Girart et les siens couchèrent sur le champ de bataille. U eut désormais assee à donner et à garder. Il peut être assuré de ne plus manquer de rien, pourvu qu'il fasse bonne justice et soit de bonne foi.

457. Le roi Charles s'enfuit à Roussillon ; Girart garde le champ de bataille avec les siens. Il assemble ses meilleurs hommes et leur demande conseil ; ■ Seigneurs, conseillez-

• moi, au nom de la foi que vous me devez. Comment

l'uur lui B<

2r4 GIRART DE ROUSSILLON

B agirai-je maintenant à l'égard de Charles, mon seigneur «comment dois- je me comporter envers lui? > Fouque qui est sage, répondit le premier : « Sire, prenez un mes- » sager qui soit preux et courtois; demandez merci au roi. 9 Vous lui rendrez tout ce que vous lui avez pris; de plus, n nous lui donnerons le meilleur de ce que nous possé- 1 dons, pour que la rancune et la guerre prennent an. » S'il refuse, vous vous en soucierez peu, car je ne vous » abandonnerai pas, quoi qu'il arrive. ■

458. Girart suivit le meilleur conseil,. celui que lui donnèrent ses hommes 11 ne voulut- pas envoyer à Charles un homme de haut rang : il savait quelle rancune la guerre avait fait naître, mais il envoya au moutier Saint-Sauveur et fit venir le prieur : ■ Moine, vous irez trouver mon sei- ■ gneur, le roi Charles-Martel, l'empereur, et demandez-lui > humblement de me rendre sa confiance et son amitié. » Le moine s'empresse d'accomplir le message : jamais, jusqu'à ce moment, il n'avait une peur comme celle qu'il éprouva.

459. Charles était à Roussillon, sous un orme; vous l'auriez vu se tenir debout, dépité, triste, morne. Voici que se présente à lui le moine, suivi d'un serviteur : il prononce sa bénédiction ', . ■

460. Mais le roi n'est pas en train de parler : il se borne à lui demander son nom : — « Sire, j'ai nom frère Bour- » mon. C'est Girart, votre homme qui m'a envoyé ^ers » vous. — Comment as-tu osé venir!

461. — Sire, Girart m'envoie de loin à vous. Il viendra » vous faire droit d'une façon complète, selon la décision de » vos hommes et de vos barons, pourvu que vous le fassiez

. Dist benedicitc e fait son lorn. Le benedicite (voy. Du Ctnge i ce t) est la formule de uluiiun du moine abordant un (upérieur, i* l'ignore le tens des derniers mots du vers ; e prei son dora, P.

588i) n'est pas plus clair:

GIBART DE ROUSSILLON "215

» juger... ■ — Son droit, » dil Gira'rt. « je ne m'en soucie B guàre: je lui enlèverai Valerne 'et Mont-Saint- Proin '; je » ne lui laisserai pas une poignée de terre, et vous, «^uî > avez accompli ce message, je me demande quel traite* » ment honteux je vais vous infliger. > Et le moine, quand entend ces paroles, voudrait être loin.

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