‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 371 sur 406 · Girari et les siens · texte numérisé non relu

Girari et les siens

GIRART DE ROfJSSILLON 2$3

» en cendres dix mille moutiers, dont moines et prêtres n ont dû s'enfuir. Mais, si lu veux retenir les comtes comme » tes hommes, ils le serviront fidèlement, pour avoir la paix. » Et la reine dit : « Je vous assure en véri'.é que je les ferai » venir à la discréiion du roi, et qu'ils le serviront, s'il le ■ veut bien, avec toutes leurs forces. >> La paix eût été conclue le jour même, lorsque telles gens survinrent c^ui l'empêchèrent.

6oy. Ceux-là entrèrent dans le palais, qui avaient été mandés. Avec eux sont venus trente malheureux, sergents ou arbalétriers, tout défigurés ; chacun avait le pied ou le poing tranché, le chef tondu en façon de fol ', ou l'œil crevé*. Ils arrivent dans cet état devant lu roi, et lui disent : a Sire, » c'est pour ton service que nous avons été ainsi mutilés. — » Et qui vous a si laidement marqués? — Celui qui nous a » beaucoup enlevé' et peu donné. Quand ils surent le retour » de Girart, qu'ils eurent des nouvelles véritables de lui et » de Fouque, châteaux et fenés ' nous furent de peu de sert cours. » Le roi baissa la tête, pensif, et resta longtemps silencieux. L'évêqiie parla en homme sage : « Roi, il ne fait pas M bon de te parler, lorsque tu es irrité, car tu n'es plus mai- » tre de toi, et il ne te souvient de rien 'qui soit agréable à » Dieu. Prends conseil de toi-même. Si tu faisais la paix, tu » te croirais honni, mais il n'y a rien de dcslionojant â ac- » cepter une Ircvc, car si ceux qui l'auront jurée retournent » dans leur pays, les comtes * verront leur richesse et » leur puissance s'accroître de la valeur de cent mille M marcs d'or épuré '''. — Eh bien ! » dit le roi, « faites à votre

I. On coupait les cheveux très courts aux fous; voy. Du Cangc,

a. Cf. plus haut, i tioi.

3. Le(on tie P. (v. -yqii); Oxf.: u i]iii noue a tenus pour vile n.

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