‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 373 sur 406 · Comme son grand-pire, Thienî le duc d'Ascane · texte numérisé non relu

Comme son grand-pire, Thienî le duc d'Ascane

3. Celait, dans les grandes familles, l'usage d'envoyer les en&nls à leurs futurs parrains pour être tenus sur les fonts; voy,, par ex,, Daurtl et B«roii (Sociéié des anciens textes français. iU>io), vv. 177-8,

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avaat qu'on lui eût dît de qui il était le fils, de quel pays il

venait.

609. Quand l'enfant fut baptisé, la reine prît avec elle ses meilleurs amis; c'étaient les hommes les meilleurs et les plus prisés de la cour; parmi eux les évêques et les abbés; et vint avec eux crier merci au roi pour son filleul déshérité, lui demandant de rendre à l'enfant le duché d'Ascane duquel sont mouvantstous les comtés de l'Ardenne, « car il est His de ta » nièce, à qui il a été conseillé de te l'envoyer pour recou- » vrcr son héritage. — Reine, » répond le roi, « que de fois » vous m'avez enjôlé! — Bien au contraire, u disent le^ évéques et les hommes sages, a elle cherche ton honneur » et fait une bonne action. Ellu travaillée maintenir la paix v en ton royaume; et, tandis que tu as dépouillé la sainte » Église, elle a lendu et restitué ce qu'elle a pu, » On a tant prié le roi qu'il céda.

610. Il rendit sa terre à l'enfant par un besant. Ce sera pour le temps oli l'enfant sera en état de tenir la terre. A ce moment, un messager vint en secret à la reine, et lui dît tout bas, à cause du roi qu'elle cajole, que sa sœur vient d'avoir un fils, très bel enfant. Elle lit bien paraître que jamais

' elle n'avait eu joiç si grande, car elle donna au messager son pesant d'or, et dit en secret la nouvelle à son fils : « Grâces » en soient rendues à Charles et à Dieu tout d'abord! j> ditelle, « la cour du roi s'accroît aujourd'hui de trente mille i> boucliers ou de plus encore, en commande '. »

I, Ces paroles ne sont pas très claires. La reine revient, ei j'entends bien, sur une iàée qu'elle a dé)à insinuée, j 5t(â, à savoir que Girari, ayant un enfant, rentrera en possession de sa terre héréditaire. Jusqu'à ce moment, en effet, il n'a que le douaire de sa femme (J 553) : sa terre propre, U Bourgogne, saisie par le roi, s'est révoltée contre l'autorité du roi (g 596, 60!) et n'appartient ni au roi ni à Girart. L'idée de 1^ reine serait donc que cette terre reviendra à ('enfant nouveau-né de Girart, et que, en attendant la majorité de cet enfant, le roi aum la terre ia bail. Par suite, les trente mille boucliers (c'est-à-dire chevaliers} qui en dépendent seront en sa commande.

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