‹ Girart de Roussillon, chanson de gesteChapitre 38 sur 406 · ÉTAT DES PERSONNES ET CIVIUSATION LXIX · texte numérisé non relu

ÉTAT DES PERSONNES ET CIVIUSATION LXIX

Constantinople [g§ 4, 5, 6), jusqu'au moment où cette cité est concédée, il n'est pas dit à quel titre ', au roi de France (§ 35). Dans les dernières pages de ta chanson^ le pape entreprend de rétablir la paix entre le roi et Girart, et y réussit non sans peine (§§ 617, 633-6). Un évêque, frère bâtard du roi, combat, comme un autre chevalier, dans l'armée royale (§ SqS-g). Des religieux accompagnaient les armées pour assister les mout^nts et faire le service des mons (§§ 344, 36o). Les secours qa'on anend d'eux ne sont pas seulement d'ordre spirituel : ils font aussi l'ofEce de médecins (§§ 76, 187}. Occasionnellement nous voyons un moine envoyé à Charles dans une circonstance difficile pour lui porter des propositions de paix : Girart a eu garde de charger de son message un chevalier, craignant pour celui-ci la colère du roi (§§ 45H-65). Les guerriers semblent n'avoir pour l'état monacal qu'une médiocre considération. Odilon )ure que s'il se trouvait un lâche parmi ses fils, il le ferait moine (§ 157).

Bourgeois et vilains. — Il n'est guère question d'autres bourgeois que de ceux de Roussillon. Ils apparaissent sous un jour très différent au commencement et à la fin du poème. Au | 58, nous les voyons chargés par Girart de garder les remparts de Roussillon que Charles lient assiégé. Mais, la nuit venue, chacun des membres de cette garde civique improvisée va se coucher, abandonnant son poste. Un traître en profite pour introduire Charles dans la place. Aux §§ 556-7 ^^ suivants, au contraire, les bourgeois de Roussillon méritent tous les élo-

I. Probablement comme &isani partie de la dot de celle Je ses fill» ^uù épousera te roi, voy. g C, 35

LXX INTRODUCTION

ges pour leur dévouement à leur seigneur. Ils pleurent de joie en apprenant que Girart est revenu de l'esil ; ils lui apportent leur concours dans la lutte qu'il est obligé de soutenir pour reconquérir son héritage. Mais il est visible qu'on n'a pas une confiance illimitée dans la solidité de ces milices citoyennes. On a soin de ne les engager qu'en seconde ligne et par grandes masses^ et, avant de les conduire à l'ennemi, on relève leur moral par de flatteuses exhortations (§§ 574-7). — Quant aux vilains, l'auteur n^a guère occasion d'en parler. Il a soin de nous dire toutefois que le traître par qui Roussillon fut livré à Charles était un vilain de naissance, et, à cette occasion, il se récrie sur-le danger qu'il y a à faire d'un . vilain un chevalier. Cest là, comme je l'ai indiqué dans une note ', un sentiment en quelque sorte traditïcHinel au moyen âge.

■ La guerre. — L'art de la guerre n'a point échappé à ta décadence qui frappa tous les arts à la chute de l'em* pire romain, décadence causée par la rupture de la tradition et l'affabsement intellectuel qui furent les suites de l'établissement des Barbares sur le sol de l'empire. Mais, en ce qui concerne l'art de la guerre, il y eut une cause particulière, qui consis,te dans le changement des conditions du service militaire. Au moyen âge, chaque seigneur a le commandement des hommes qui lui doivent le service militaire. L'étendue de ce commandement est donc proportiqnnée au rang du chef et nullement à ses talents pour la guerre. D'autre part, il n'y a plus de troupes régulières; le nombre des hommes qui, par profession, se

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