Je devine ; le leite est obscur et probablement corrompu
3l4 GIRART DE ROUSSILLON
» du Pui, et Dombes et Bellei jusqu'à Mont-Jouz '. — Ne B plaise i Dieu que jamais j'ambitionne aucune terre, sinon » celle qu'occupera mon cercueil! » Maintenant Girart et les siens servent Dieu de tout cceur. S'il a pris la sainte, c'est pour qu'elle leur soit favorable, à eux qui expient leurs péchés en versant des larmes abondantes '.
669. Lé comte dit, tout souriant : a Apportez des vêtements » pour ce mivi parent. » Ceux à qui tl donna cet ordre obéirent promptement. Ils lui * présentent du cendé', des étoffes de lin ', une pelisse et itn bon et précieux manteau. Mais il repousse tout cela, n'en voulant rien prendre. Le comte alors jura parson serment qu'il lui fallait s'en revêtir: oCou- » sin, j> dit-il, ■ faites, au nom de Dieu, ce que je désire. Je » n'ai plus d'amis, de bons. parents qui me sachent bien con- » seîller, sinon Bertran et Fouque à qui la pauvre gent s'a- » dresse pour obtenir droit et justice. Or, ma terre est si » grande, s'étend si loin, qu'ils ne peuvent souvent venir k » moi. Et vous n'éles plus un jeune homme, capable de tirer n vanité de son vêtement. D'ailleurs, je vous prends à té- » moin saint Barlhélemi qui, en riches vêtements *, servît 1 Dieu honorablement. <> Le pèlerin finit par sq laisser faire.
670. D'abord on le fait baigner, tondre et raser, on lui ôte ses habits et on lui met les neub. Alors il eut bien l'air d'un baron. Gi'rart, plein de joie, le tit asseoir près de lui : ' Que chacun, » dit-il, « me donne son avis; je vais vous
1. Voy. p. 4. n. I. — C'est la leçon d'Oif.; dtns P. {v. 88i3) il )• a ■ et toute la terre (uiqu'à Miuguio. ■
2. Mol à mot, û j'entends bien, • des muids de Urmes ». i. Au pilerin.