VI. — TÉMOIGNAGES DIVERS CXV
du reste il l'annonce {cujus legendam consequenter hic anitotavi). Elle occupe les chapitres l à liv du onzième livre.
Nous trouverons plus loin, dans le roman en prose dé Wauquelin, une autre allusion au roman dont Jacques de Guise vient de nous révéler IVxistence.
Un autre compilateur belge, qui écrivait peu d'années après Jacques de Guise, et qui avait sinon beaucoup de jugement, du moins une lecture immense, Jean d'Outremeuse,mentionne en ces termes Girart de Roussillon, après avoir conté, d'après Sigeben, la translation de la Madeleine à Vezelai.
En cel an (734) oit une grant bataille entre Char-Martel roy de Franche et Gerard de Rossellon; mais Gerard fut desconfîs et ly meTsmes mull navreis. (Le Myreur des histors. II, 443.)
Dans une chronique française qui s'arrête à Tan 1 390, et où les emprunts à nos anciens poèmes chevaleresques sont très nombreux ', on lit, à la suite de la mort de Charles Martel :
Gerart de Rosseillon, conte de Borgoigne, fist lors translater le corps de la benoisie Madelaîne en l'abbaye de Vezelay qu'il a voit fondée.
(Bibl. nat., fr. 5oo3, fol. 91 v.)
Ce n'est point autre chose, au fond, que le passage de Sigeben cité plus haut. Mais Sigebert dit simplement
1. Voir uir cène chronique, qui a appanenu à Fauchei, G. Paris, Hitt. poil, de Charlemagne, pp. 104-5 et 483; L. Delisle, Comptes remdtu des siancet At f Acad, det inscr. ei Belles-Lettres, iH-jg, p. 199 (cf. Romania,Vm,6n).
CXVl INTRODUCTION
« Girart comte de Boui^ogne ■» \ ici nous avons en plus le surnom a de Rosseillon », par lequel se manifeste l'influence de la légende. Il est à noter, du reste, que la même chronique ne souffle mot de Girart, ni sous le règne de Charles Martel, ni sous celui de Charles le Chauve.
Au xvi^ siècle encore, on trouve dans les compilations historiques un écho tardif de la renommée que le romancier avait faite à Girart de Roussillon. Voici un passage du chroniqueur Jacques Meyer oij figure une aile de Girart, ce qui est en contradicdon absolue avec tous les monuments que nous connaissons de la légende de ce personnage. Le quidam. . . referunt de la seconde phrase semble faire allusion à Jacques de Guise :
DCCLXV. Lydericus Hariebecanus in demortui patris Estoredi successU opes ductaque uxore Hermen^rde filia Gerardi Ruscionensis, Englerannum filium .sustulit, faclusque est priefectus linoris ac maris Flandrîci. Hune Gerardum Ruscionensem quidam in Nerviis ad usque Oceanum itnperitasse referunt, ut scripsimus alibi '.
Ce passage de Jacques Meyer est reproduit en substance dans les Chroniques et Annales de Flandre d'Oudegherst (Anvers, 1571), fol. 3o.
Plusieurs des témoignages qui précèdent montrent que Les récits légendaires concernant, Girart de Roussillon ont eu dans les Flandres un grand retentissement. Les textes qui vont être produits maintenant
I . Cotnmentarii iive Annales rerum Flaadricarum Uhri septtndecim ilore Jacobo Meyero BalioUno. Antuerpis, iiDLicr. in-fol.
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